Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste

Salle comble et public enthousiaste pour la première projection publique d’Au bord du monde, ce matin à 11h au Studio 13, en compagnie de l’équipe du film...

On se demande bien quel genre d’insecte a piqué les sélectionneurs des différents guichets cannois pour qu’ils passent totalement à côté de La Bataille de Solférino, de Justine Triet. Sans vouloir faire des comparaisons hâtives (encore que…), il semble évident que ce premier long métrage d’une jeune cinéaste (35 ans) possède un peu le même genre de turbo que le film de Valérie Donzelli La guerre est déclarée, qui avait permis il y a deux ans à la Semaine de la critique de démarrer en trombe. Les deux films sont différents, certes, mais de l’un à l’autre, on reconnaît cette même impression de marmite prête à exploser, de mélange entre finesse du trait d’observation et geste rageur de la mise en scène, un même sentiment de modernité frondeuse. Panique. Le film est présenté par l’ACID, la programmation de cette association de cinéastes indépendants qui ne désarme pas et qui chaque année marque des points (souvenons-nous de L’Eté de Giacomo, d’Alessandro Comodin l’an dernier).

Cinquième journée pour la programmation des cinéastes, et belles rencontres en perspectives : rendez-vous au Studio 13 et aux Arcades pour la Bataille de Solférino avec toute l’équipe du film !

Suite des aventures cannoises de l’ACID : hier les spectateurs ont bravé la pluie pour assister à la projection de BRADDOCK AMERICA, de Gabriella Kessler et Jean-Loïc Portron. En compagnie de Véronique Lagoarde-Ségot (monteuse), Valentin Portron (compositeur), Christine Doublet et Fabrice Coat (producteurs) et des cinéastes « parrains » de l’ACID, le public a débattu avec plaisir autour de cette fresque, hommage à l’une des villes pionnières dans la fabrication de l’acier, aujourd’hui victime de la désindustrialisation...

La Programmation ACID à Cannes a commencé hier soir aux Arcades avec WAJMA de Barmak Akram, son film d’ouverture... Le cinéaste et son équipe, accompagnés de leurs « parrains » de l’ACID ont ensuite échangé avec un public enthousiaste, conquis par ce second long métrage franco-afghan, magnifiquement interprété par Wajma et Breshna Bahar, Hadji Gul et Mustafa Habibi. Suivez l’ACID à Cannes

Depuis quelques mois, le cinéma français traverse une crise grave. Un point essentiel est pourtant resté dans l’ombre : l’accès des films aux salles.
Pour les films dits « de la diversité » - films indépendants, à budget réduit, souvent sans acteurs connus, et non financés par les chaînes de télévision - les conditions de distribution et donc d’accès aux publics se sont considérablement dégradées. Ces films, qui tentent de nouvelles formes d’écriture, de représentation, de sujets, véritable vivier du cinéma de demain, sont de plus en plus exclus des écrans. Or, cette marge, comme certains ont aimé la qualifier, a compté. Avant que leur cinéma ne trouve le chemin d’un plus large public, des cinéastes tels que Renoir, Tati, Godard, Truffaut, Pialat, et tant d’autres de différents horizons : Rossellini, Chahine, Fassbinder, Loach, Almodovar, ou plus récemment, Guédiguian, Denis, Belvaux, Cantet, Amalric, Donzelli, pour ne citer qu’eux. Demain, il n’en sera plus ainsi. Et demain veut dire tout à l’heure.
La faute à qui ? Aux films, entend-on, qui ne seraient plus adaptés aux attentes du « public ». Une simple affaire de goût et de changement d’époque en somme…
Pourtant, si l’on se penche sur les chiffres, ce soi-disant sacro-saint baromètre du supposé goût du public, tout n’est pas si simple.
Prenons par exemple la semaine du 13 février dernier. Sur les 5600 écrans que compte l’hexagone, 4693 écrans étaient monopolisés par 10 films. Avec un taux d’occupation des écrans de 80%, pas étonnant que ces dix films se retrouvent en tête du box office, même si certains d’entre eux ont mobilisé moins de vingt spectateurs par séance et ne doivent ce bon classement qu’à leur surexposition. Est-il utile de préciser qu’aucun de ces 10 films n’était distribué par un distributeur indépendant ?
Une fois les mastodontes servis, restaient donc 900 écrans pour les 92 autres films à l’affiche, soit une moyenne de 10 écrans par film sur la France entière. Voilà qui réduit considérablement les chances d’être vu et de plaire au public, non ?
Comme dans d’autres domaines, l’abus de position dominante des grands circuits d’exploitation et les politiques d’offre saturante de gros distributeurs réduisent de manière drastique les possibilités d’existence de toute la chaîne du cinéma indépendant.
Rien de nouveau ? Si quand même. En 2012, le passage des salles à la projection numérique a renforcé les inégalités de façon spectaculaire et favorisé certaines pratiques déloyales.
Suivons le chemin tortueux que doit emprunter un film « de la diversité » pour se faire une petite place dans les salles encore disponibles.
Il lui reste maintenant à attirer le fameux public, vous, nous, les autres. Pour ça, la qualité ne suffit pas, il faut de la promotion et une exposition médiatique. Or ces frais de promotion ont été multipliés par vingt en dix ans ; désormais placer une bande annonce se paie à prix d’or dans certaines salles et les partenariats avec les grands médias sont des prestations qui se monnaient.
Pour les moins riches, reste le bouche à oreille. Mais pour que celui-ci s’installe, encore faut-il que le film - qui n’est plus aujourd’hui qu’un fichier informatique - bénéficie d’une exposition correcte sur plusieurs semaines, ne soit pas relégué sur les séances du matin 11h ou déprogrammé d’un simple clic le week-end au profit d’un film plus immédiatement « porteur » ou… d’un opéra ! Et même avec de bons résultats, il risque tout de même de disparaître la semaine suivante au profit d’un autre film sorti par un distributeur plus musclé. Au mépris de la présence du public…
Si on laisse le marché se « réguler », comme certains le souhaitent actuellement, il ne restera bientôt plus en salles que les films produits par les grands studios, les chaînes de télévision, leurs filiales, et les groupes intégrés de production-distribution. Est-ce vraiment le choix du « public » ? Nous ne le croyons pas, nous cinéastes qui, tout au long de l’année, dialoguons avec ce même public dans les salles indépendantes.
C’est pourquoi il est urgent de défendre ensemble, cinéastes, producteurs, distributeurs, exploitants et spectateurs, l’indépendance et la diversité dans les salles de cinéma.
Nous demandons :
Les films indépendants composent des représentations du monde, de tout le monde, hors des grands schémas imposés par les industries de la communication et de l’information.
Toutes les discussions actuelles à propos de la couverture chômage des intermittents du spectacle, du sous-financement des films, de la convention collective et de l’état de la critique, sont intimement liées à ce problème : si les films – nos films – ne peuvent plus, demain, parvenir dans les salles de cinéma, si de nouveaux cinéastes ne peuvent pas émerger, à quoi bon de nouvelles mesures, de nouveaux débats. N’y a-t-il pas, là, de quoi asseoir la déception sur un trône : d’un côté nous nous battons tous pour que nos films se fassent, de l’autre nous n’aurons bientôt plus de lieu où rencontrer le public.
Les films, tous les films, construisent un patrimoine unique devant rester pluriel, ouvert, vivant et diversifié. Ils sont notre bien commun.
L’ACID
Premiers signataires :
Namir Abdel Messeeh, Fleur Albert, Karin Albou, Solveig Anspach, Michel Andrieu, Alima Arouali, Myriam Aziza, Olivier Babinet, Laurent Bécue-Renard, Lucas Belvaux, Sébastien Betbeder, Simone Bitton, Pascale Bodet, Serge Bozon, Jean Brehat, Chantal Briet, Joël Brisse, François Brauge, Dominique Cabrera, Oriol Canals, Béatrice Champanier, Jean-Paul Civeyrac, Christophe Cognet, Inès Compan, Catherine Corsini, Denis Coté, Cati Couteau, Sylvaine Dampierre, Isabelle Dario, Delphine Deloget, Claire Denis, Fabianny Deschamps, Arnaud des Pallières, Pascal Deux, Ariane Doublet, David Dusa, Claude Duty, Hicham Falah, Philippe Fernandez, Jean-Charles Fitoussi, Aurélia Georges, Jean-Baptiste Germain, Denis Gheerbrant, Mika Gianotti, Emmanuel Gras, Eugène Green, Danielle Jaeggi, Jean Jeanneret, Patricia Kajnar, Fred Kihn, Daniel Kupferstein, Daisy Lamothe, Marion Lary, Georgi Lazarevski, Serge Le Péron, Sophie Letourneur, Jean-Pierre Lledo, Christophe Loizillon, Raphaël Mathié, Chiara Malta, Alain Mazars, Isabelle Mayor, Pomme Meffre, Hélène Milano, Jean-Claude Moireau, Nathan Nicholovitch, Didier Nion, Mariana Otéro, Emmanuel Parraud, Judith du Pasquier, Monique Perez, Nicolas Philibert, Eric Pittard, Gilles Porte, Frédéric Ramade, Philippe Ramos, Alain Raoust, Chantal Richard, João Pedro Rodrigues, Bruno Rolland, Christian Rouaud, Jean-Claude Rousseau, Régis Sauder, Pierre Schoeller, Idir Serghine, Reza Serkanian, Rima Samman, Jean-Pierre Thorn, Justine Triet, Luc Verdier-Korbel, Catherine Tissier, Marie-Claude Treilhou, Jacky Tujague, Joëlle Van Effentere, Amélie Van Elmbt, Marie Vermillard, Vanina Vignal, Francois Zabaleta

La programmation ACID - CANNES 2013
La relève est bien là, portant dans son désir de cinéma des propositions très réjouissantes qui réinvestissent la comédie et la romance, la politique et ses combats, et cherchent à nous offrir des perspectives différentes sur nos sociétés.
Une cinéaste dans le tombeau du père, un poète en pédalo, une afghane amoureuse, une famille normalement criminelle, un nostalgique qui attend de l’amour une vague nouvelle, les oubliés d’une ville fantôme , un fantôme amoureux, un être aimé perdu dans la foule, une foule perdue dans l’aveuglement individuel, voilà cette année encore, à la façon d’une réalité augmentée, la superposition du réel et de son refus le plus net, la perception déployée de tant de mondes pour finalement n’en raconter qu’un seul : le nôtre.
Les cinéastes de l’ACID

2 AUTOMNES 3 HIVERS de Sébastien Betbeder
France, 2013, fiction,1h30
*Première mondiale

AU BORD DU MONDE de Claus Drexel
France, 2013, documentaire, 1h37
*Première mondiale
LA BATAILLE DE SOLFÉRINO de Justine Triet
France, 2013, fiction, 1h30
*Premier long /*Première mondiale
BRADDOCK AMERICA de Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler
France, 2013, documentaire, 1h43
*Premier long / *Première mondiale

C’EST EUX LES CHIENS de Hicham Lasri
Maroc, 2013, fiction, 1h25
*Première mondiale

Ô HEUREUX JOURS ! de Dominique Cabrera
France, 2013, documentaire, 1h32

THE STRANGE LITTLE CAT de Ramon Zürcher
Allemagne, 2013, fiction, 1h12
*Premier long / *Première française
SWANDOWN d’Andrew Kötting
Royaume-Uni, 2013, documentaire, 1h34

WAJMA de Barmak Akram
France/Afghanistan, 2013, Fiction, 1h25
*Deuxième long / *Première française
Présentation de la Programmation ACID en images

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Un film de Carine May et Hakim Zouhani
France - 2011Sortie : 5 juin 2013
Un film de Stefano Savona, Alessia Porto et Ester Sparatore
France - 2011Sortie : 19 juin 2013
Un film de João Viana
Guinée-Bissau, Portugal - 2013Sortie : 28 août 2013
Un film de Amélie van Elmbt
Belgique - 2012Sortie : 17 avril 2013
Un film de Dominique Boccarossa
France - 2010Sortie : 6 février 2013
Un film de Manuel von Stürler
Suisse - 2012Sortie : 6 février 2013
Un film de Ami Livne
Israël, France, Allemagne - 2012Sortie : 7 novembre 2012
L’ACID et Les Écrans de Paris vous proposent :
« Les Rendez-vous du cinéma indépendant »
Pour voir ou revoir un film indépendant en présence de cinéastes, comédiens, scénaristes, chefs opérateurs, compositeurs de musique de films...
LOS SALVAJES de Alejandro Fadel
En présence de Stefano Savona, cinéaste de l’ACID
CASA NOSTRA de Nathan Nicholovitch
En présence du réalisateur et d’un cinéaste de l’ACID
CASA NOSTRA de Nathan Nicholovitch
En présence du réalisateur, et d’un cinéaste de l’ACID
LOS SALVAJES de Alejandro Fadel
En présence d’un cinéaste de l’ACID
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Majestic Bastille
4, bd Richard Lenoir - 75011 Paris
Escurial
11, bd Port Royal - 75013 Paris