Cannes 2015 : Pauline s’arrache arrache vraiment

Publié le 8 juin 2015

Et si la révélation cette année était à l’ACID ? Introducing Pauline s’arrache, d’Emilie Brisavoine.

Pauline s’arrache commence comme un conte de fées punk : il y a une reine (maman baba-excentrique), un roi (un papa ours qui aime se déguiser en femme) et leurs enfants, Pauline, Anaïs et Guillaume. Les dix premières minutes, Pauline s’arrache raconte le quotidien d’une ado vénère contre le monde (ses copines, son mec, son père, sa mère, son portable, etc) et donne l’impression d’une longue vidéo publiée sur YouTube par une jeune blogueuse qui s’ennuierait à crever. Bon.

On s’arrête là ? Surtout pas ! Rapidement, un point de vue adulte de cinéaste se détache derrière ces vidéos. Un montage surtout. Bingo : la réalisatrice Emilie Brisavoine appartient à cette jeune bande vigoureuse du cinéma français représenté par les Justine Triet, Sophie Letourneur et autres Virgil Vernier : Pauline est sa demi-soeur, la mère est sa maman, le père son beau-père. La bonne nouvelle de Pauline, c’est que le film ne se contente pas d’être un portrait d’une adolescente de 15 à 17 ans qui envoie des LOL sur son portable, tchatte sur Facebook via son ordinateur orné d’autocollants Hello Kitty et s’engueule puis se rabiboche avec son petit copain, ce qui en soi aurait intéressé 100 followers tout au plus. Non, ce que le film raconte, c’est comment une ado fâchée avec le monde va grandir sans même s’en rendre compte, comprendre et se rapprocher de ses parents chtarbés, couple queer inouï incroyablement assorti. Voilà pourquoi le film est drôle (la Pauline en question est irritante, égocentrique, gueularde, et pourtant irrésistible) et très touchant. Sous ses airs confidentiels et fauchés, son côté assemblage de vidéos YouTube tournées à l’arrache, Pauline s’arrache, sorte de mix entre Strip-Tease et un A Nos amours 2.0, arrache vraiment.

Stéphanie Lamome - PREMIÈRE
22/05/2015




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