Cannes 2015 : les sections parallèles dévoilent leur programme

Publié le 22 avril 2015

Le Festival de Cannes, c’est une Sélection Officielle, programmée par Thierry Frémaux et ses équipes, et qui englobe la Compétition, le Hors Compétition et Un Certain Regard. L’annonce de la sélection le jeudi 19 avril, puis celle du jury qui décernera la Palme d’Or ont soulevé l’enthousiasme. Mais les réjouissances ne sont pas terminées : les sections parallèles, que d’autres équipes artistiques supervisent, ont elles aussi d’alléchantes sélections…



L’ACID

L’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) a sa propre sélection cannoise, pour laquelle un comité de cinéastes sélectionnent des œuvres de réalisateurs en voie de confirmation. C’est un laboratoire souvent intéressant de découvertes : on y voyait notamment l’an dernier le magnifique Spartacus et Cassandra, l’un de nos coups de cœur de ce début d’année 2015.


COSMODRAMA de Philippe Fernandez (France), avec Jacky Berroyer et Bernard Blancan

Un vaisseau spatial lancé dans l’univers. Sept membres d’équipage accompagnés d’un chien et d’une guenon se réveillent de cryogénisation. Sans doute trop longue, cette phase de sommeil artificiel les a rendus amnésiques : ils ne savent ni où ils sont, ni d’où ils viennent, ni où ils vont.

Pourquoi on l’attend ?

Sorte de pastiche de Star Trek lorgnant vers la métaphysique et l’onirisme, le sixième film de Philippe Fernandez a été intégralement tourné aux Studios de l’Océan à La Rochelle. Loin de cette influence de la science-fiction télévisuelle américaine, le cinéaste cite plus volontiers comme références Stalker et Solaris de Tarkovski, ainsi qu’Alphaville de Godard ou Le Voyage fantastique de Richard Fleischer. Découpé en 14 chapitres, à la manière des chapitres d’un DVD, ou des épisodes d’une série télé, le film est, selon les mots de l’auteur, plus une fiction scientifique qu’une histoire de science-fiction. On se trouve également à mi-chemin du conte philosophique, dans une errance à travers l’espace.


THE GRIEF OF OTHERS de Patrick Wang (USA) avec Wendy Moniz et Trevor St John

La famille Ryrie vient de perdre leur bébé seulement quelques heures après sa naissance. Sans voix après cette perte, les parents, John et Ricky, tentent de retourner à leur vie et leurs occupations. Les deux enfants du couple, dix et treize ans, répondent assez mal à cette tension envahissante, se repliant sur eux-mêmes. Soudain, un visiteur inattendu intervient au milieu de toute cette peine dissimulée, ce qui leur permet d’être plus à l’écoute les uns des autres, leur permettant de retisser des liens familiaux.

Pourquoi on l’attend ?

Deuxième film de Patrick Wang après le sublime In the Family, The Grief of Others réaffirme l’intérêt du cinéaste pour le berceau familial quand celui-ci est plongé dans le drame et l’adversité. C’est une adaptation du roman à succès de Leah Hager Cohen. Il semblerait que le film, qui a vu une première au festival South by Southwest d’Austin, soit plus expérimental dans sa forme que ne l’était le premier film de Wang, même si les mêmes qualités, un ton doux ne versant jamais dans le mélodrame, sont à retrouver dans ce nouveau long-métrage. La présence de Patrick Wang et son film à Cannes sont une joie immense dans l’espoir d’une distribution nationale plus large de ses réalisations.


LA VANITÉ de Lionel Baier (France/Suisse) avec Patrick Lapp et Carmen Maura

Un vieil architecte hautain et orgueilleux prend une chambre dans un motel quasi désert. Une femme le rejoint. Un jeune homme se prostitue dans la chambre mitoyenne.
Sur un mur se trouve la reproduction des Ambassadeurs d’Holbein le Jeune, double portrait de deux amis dans lequel figure une forme étrange : un crâne en anamorphose qui n’est visible qu’à la faveur d’un déplacement permettant de regarder l’image de biais. C’est une Vanité – une peinture qui exprime la vacuité de la vie.

Pourquoi on l’attend ?

Les Grandes Ondes, précédant film de Lionel Baier, était un road trip rétro enthousiasmant, où le tandem composé de Michel Vuillermoz et Valérie Donzelli irradiait d’humour et de justesse. Cette nouvelle histoire d’un homme cherchant à se suicider dans une chambre d’hôtel, mais confronté à l’absurde hantant les lieux, semblent dans la lignée du regard décalé et si particulier de l’auteur lausannois.




ET AUSSI :

CRACHE CŒUR de Julia Kowalski (France/Pologne)
DE L’OMBRE IL Y A de Nathan Nicholovitch (France)
GAZ DE FRANCE de Benoît Forgeard (France)
JE SUIS LE PEUPLE d’Anna Roussillon (France)
PAULINE S’ARRACHE d’Emilie Brisavoine (France)
VOLTA A TERRA de João Pedro Plácido (Portugal/France/Suisse)



Florent Boutet - LE MAUVAIS COTON.FR
22/04/2015

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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