Cannes, Jour 4 – Quand Pauline s’arrache et la Croisette avec

Publié le 16 mai 2015


La jeune cinéaste française présente à l’Acid « Pauline s’arrache », un conte documentaire autobiographique très rock’n’roll, redessinant avec autant d’hystérie que de tendresse les contours des relations familiales et amoureuses modernes. Un premier film singulier et poignant.

C’est un conte de fée autobiographique mi-figue, mi-raisin que raconte Emilie Brisavoine dans PAULINE S’ARRACHE, premier long-métrage documentaire présenté aujourd’hui à l’Acid. Patiemment et plus ou moins discrètement, la jeune cinéaste au patronyme de belle des champs suit le quotidien hystérique – hurlements, insultes, menaces, déclarations d’amour et crises de larmes – d’une famille tendrement dysfonctionnelle : la sienne. Dans la famille Brisavoine & consorts, on découvre donc la maman, Meaud, le beau-père d’Emilie, Frédéric, son frère, Florian et leurs trois demi frère et sœurs : Guillaume, Anaïs et la fameuse Pauline, dernière de la fratrie à prendre son envol.
Il y aurait de quoi épuiser vite fait le spectateur sans la bienveillance finalement contagieuse de la réalisatrice pour ses sujets (qui pousse l’honnêteté clore son film par une confrontation des « personnages » à leur image). Mais preuve de son amour pour les siens, Emilie Brisavoine capture avec affection chacun de leurs talents singuliers, du transformisme (le père) à l’art de couper les cheveux en quatre (les sœurs) en passant par la fabrication de statuettes gore par (la mère).

Sous ses airs de soap foutraque, PAULINE S’ARRACHE met à nu toutes les angoisses d’une tribu où il n’y a pas d’âge pour se sentir largué : la peur de devenir adulte sans véritable modèle pour montrer la voie, les velléités d’indépendance systématiquement contrariées par la culpabilité de quitter le nid, l’obsession de l’âme sœur comme solution possible à une solitude chronique…

Aucun happy end en vue a priori (au sens Disney du terme), mais petit à petit, le puzzle prend forme, le dialogue se noue et les décibels redescendent. L’horizon s’éclaircit et pour l’avenir de la tribu, tous les espoirs sont permis. Un film canasson qui élargit joyeusement le champ des possibles amoureux et familiaux.



Pamela Pianezza - TESS
16 mai 2015

tessmag.com

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