« Sans adieu », hameau de la fin

Publié le 22 mai 2017

Un docu touchant sur la désertification du Forez.

Sans adieu, nous révèle le dernier carton du film portant ce titre, est l’expression employée par l’un de ses personnages, Claudette, pour dire au revoir au réalisateur, Christophe Agou, chaque fois qu’une de ses visites chez elle prenait fin. Sans adieu, montré à l’ACID, a un côté film infini, sans fin ou interminable, bien qu’il ne souffre d’aucune longueur. Un côté immortel même, bien que le cinéaste (qui était surtout photographe) et son héroïne ne soient plus aujourd’hui de ce monde : si la mort met un terme à la vie, les films posent une borne à la mort. Filmé sur une quinzaine d’années dans les fermes et les pâturages du Forez avec les paysans, pour la plupart très âgés, qui y vivent à leur façon immémoriale,Sans adieu est entièrement fait de tendresse et de violence. L’une n’est pas plus contenue que l’autre, elles débordent et elles déteignent, partent en vrille, hors de l’écran, vers nous. Tendresse du regard, promené sur ce qui s’en va, et c’est tout un monde qui disparaît avec ceux-là : ceux qui le portent encore un moment sur leurs épaules voûtées de titans. Violence du langage, jeté en imprécations contre tout ce qui veut leur mort : l’époque tout entière, l’administration, la vieillesse, le temps qui passe, les chiens, les gens, la vie, tout.

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Luc Chessel - LIBÉRATION

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