La vanité de Lionel Baier – Suisse le lapin blanc

Publié le 18 mai 2015

La petite sélection de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) est sans aucun doute l’une des plus curieuses du Festival. Adressée avant tout aux distributeurs, elle sait, avec peu de films, offrir des œuvres très diverses les unes des autres. Ce lundi soir, c’est Lionel Baier, réalisateur des Grandes Ondes (à l’ouest) qui vient y présenter son nouveau long métrage, La vanité, qui traite d’un sujet fragile, peu abordé au cinéma et qui doit en rendre beaucoup allergiques : l’euthanasie. Monsieur Miller (Patrick Lapp) a un cancer et ne veut pas attendre de mourir dans un lit d’hôpital, alors il fait appel à un organisme d’aide au suicide assisté. Ancien architecte, il retourne s’enferme dans la chambre d’un motel qu’il a conçu cinquante ans plus tôt, la porte juste à côté d’un prostitué à l’agenda bien chargé (Ivan Georgiev) en attendant Esperanza (Carmen Maura), qui lui apportera le nécessaire pour mettre fin à ses jours.

Malgré son sujet et son titre qui laissaient à présager un film grave et misérabiliste, La vanité se révèle très vite être une jolie petite comédie de mœurs juste et touchante, portée par un remarquable trio d’acteurs. On identifie aisément le film comme du théâtre filmé, un vaudeville moderne en quelque sorte, qui fonctionne sur des rebondissements, des quiproquos, et respectant presque à la lettre les notions d’unité de temps et de lieu. Ecrit intelligemment avec une légèreté tirée elle aussi du théâtre de boulevard, le film parle avec légèreté de sujets peu faciles à aborder sous un tel angle : l’euthanasie et le suicide (assisté ou pas) évidemment, mais aussi la prostitution masculine et la question de l’orientation sexuelle. Une très jolie découverte, drivée tout au long par l’esthétique désuète des années 1960, symbolisée dans le film par le décor vieillot du motel. Une très jolie découverte, à voir dès le 2 septembre prochain en salles.

Charlotte Wensierski - Nespresso.com

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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