Portrait de Patrick Wang

Publié le 3 juin 2015

Patrick Wang, réalisateur de The Grief of Others

Patrick Wang n’en revient toujours pas d’être à Cannes. Que ce soit la plus petite sélection, Acid, qui ait pris son film ne le gène pas, au contraire : “Je rêverais qu’une telle association existe à New York, un lieu où les cinéastes indépendants peuvent se retrouver et s’entraider. C’est une utopie”, s’enthousiasme-t-il. Avec la douceur extrême qui le caractérise (ainsi que ses films), le cinéaste, né au Texas il y a trente-neuf ans de parents taïwanais, formule de longues réponses tortueuses, qui s’achèvent toujours par de limpides conclusions – exactement comme ses films.
Le premier, In the Family, a été distribué en France en novembre. Cette bataille juridique d’un gay pour faire reconnaître ses droits parentaux avait marqué par sa puissance émotionnelle et sa maîtrise formelle. Le deuxième, The Grief of Others, est un drame familial assez fou hanté par le fantôme d’un bébé.

C’est sans doute parce qu’il vient du théâtre et n’a pas “une vaste connaissance du cinéma” que Wang met en scène de façon si inhabituelle – il connaît toutefois les œuvres de Bergman et Cassavetes par cœur. Il évoque “son approche expérimentale, émotionnelle, purement instinctive”, précise son goût pour la prise unique (sans que ce soit un impératif comme chez Garrel), parle de son décor en terme de “masse gravitationelle” et explique qu’il a tourné en super-16 pour des raisons autant économiques (en deux semaines avec un budget minuscule) qu’esthétiques (“savoir qu’on ne peut pas tourner beaucoup met tout le monde dans un état de concentration extrême, et j’aime bien jouer sur différentes textures de grain”). Mais lorsqu’il avoue qu’il écrit toujours le premier jet de ses scénarios à la main, sur de petits carnets sans lignes (“pour ne pas contraindre l’imagination”), on se dit qu’on est décidément face à un artiste particulier.

Au bout d’une heure, quelqu’un nous interrompt et lui remet un ticket pour un film de la compétition : il s’agit de The Assassin, du Taïwanais Hou Hsiao-hsien. “Je n’aurai pas le temps de voir autre chose, regrette-t-il. Je l’ai découvert sur le tard mais j’aime beaucoup ses films. Vous croyez que celui-là sera bien ?

Jacky Goldberg - Les Inrockuptibles - 27 mai 2015

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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