Vu à Cannes : « The grief of others », de Patrick Wang (ACID)

Publié le 20 mai 2015


CANNES 2015 – Larmes de joie à l’ACID, où le réalisateur du magnifique In The Family venait discrètement présenter The Grief Of Others. Un mélodrame familial d’une bouleversante douceur.

Même si Patrick Wang adapte cette fois un matériau extérieur (un roman de Leah Hager Cohen) et qu’il ne fait pas partie de la distribution, on retrouve les motifs principaux de In The Family dans son deuxième film. C’est une nouvelle fois l’histoire d’une famille des suburbs américaines sur le point de se dissoudre dans des intérieurs sobres et boisés, d’où surgira peut-être la lumière. Il n’est plus question de garde homo-parentale, mais d’avortement : une mère de famille refuse de s’y soumettre malgré la malformation de son fœtus, condamné d’avance. Pour prendre cette décision compliquée et peu commune, elle omet volontairement de consulter son mari, de peur qu’il s’y oppose. Ce manque de discussion conjugale va rendre le deuil de l’enfant d’autant plus difficile. Là aussi, Wang aborde un sujet potentiellement lourd. Mais le New-yorkais sait insuffler de la légèreté à son mélodrame intimiste. Ou plutôt une douceur souveraine, qui fait advenir les choses de manière naturelle. Les ellipses, la structure en boucles temporelles, les jeux de surimpressions (illustrant la simultanéité de pensées contrastées) et la composition inventive des cadres, donnent de l’espace au regard du spectateur, qui entre en empathie avec tous les protagonistes. Tout le monde a ses raisons, chacun essaie de faire du mieux qu’il peut. Une bienveillance généralisée, mais pas mièvre : elle n’empêche pas les maladresses et donc la douleur. Pour la soigner, il s’agit d’être plus attentif. Belle éducation du regard pour un bouleversant mélo.


Eric Vernay - TROIS COULEURS
20 mai 2015
Troiscouleurs.fr

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