Après, un voyage dans le Rwanda

Un film de Denis Gheerbrant

France - 2002 - 100 min - Noir et blanc - Video

Sortie : 26 janvier 2005

Sélections et prix :
Recommandé GNCR

Image : Denis Gheerbrant
Son : Denis Gheerbrant et Dominique Vieillard
Montage : Denis Gheerbrant


Avec :
Kahei Fukunaga, Kanako Higuchi, Yuka Hyodo, Naomi Kawase, Katsuhisa Namase

Après, c'est un voyage, près de dix ans plus tard, dans le Rwanda. Le cinéaste est parti seul avec sa caméra, avec l'a priori qu'il ne connaissait pas, qu'il avait tout à découvrir, que le film allait se construire dans une rencontre avec un pays, son peuple et son histoire. Car c'est cela {Après} : d'abord, la réalité de l'inconcevable telle que des rescapés peuvent la reconstruire par leurs récits, et puis des orphelins qui pratiquent les danses traditionnelles, et leur mentor, Déo, rescapé lui aussi, qui nous emmène dans sa colline natale rencontrer des vieux. Ils nous font remonter l'histoire d'une civilisation, d'un peuple d'éleveurs et d'agriculteurs. Et toujours maintenant avec Déo, compagnon interprète, passeur entre deux mondes, le film avance vers des prisonniers convaincus de génocide et une noce presque inquiétante... Un voyage comme un fil qui se tend, parce que voyager au Rwanda c'est accepter de se faire prendre dans les rets d'une exigence, une seule, celle de comprendre.


Le dernier film de Denis Gheerbrant Après, un voyage dans le Rwanda appartient à la veine de ses meilleurs films. L’esprit de Johan van der Keuken plane et nous protège lorsqu’on regarde ce cinéma beau et terrible. Heureusement c’est un artiste qui nous conduit. Sa présence se fait sentir, intensément, derrière chacun des plus petits mouvements de caméra qui nous raconte quelque chose de son état intérieur, chacun des choix de cadrage, justes, et bien sûr chacun de ses mots prononcés, doucement. On chemine ainsi avec lui, dans le film, à travers le pays et dans l’Histoire. Il hésite, a peur, avance, questionne... traversé par l’ordinaire de la vie, comme on l’est partout sur cette terre lorsqu’on passe du temps avec les gens. Il pose des questions donc, pas à la manière d’un journaliste mais à la manière d’un homme, il commence à comprendre puis finalement parvient à éclairer la machine qui a broyé ce pays. Notre histoire d’Européens nous apparaît alors, comme si souvent, en grande partie responsable. Sa façon de filmer ses personnages leur redonne leur beauté, leur humanité. Je dis « redonne » car on perçoit bien à quel point un génocide peut salir ceux qui restent. Mais lorsqu’il va filmer les voisins sans doute complices, on se sent transpercés par les regards qu’ils adressent à Denis Gheerbrant à travers sa caméra. Là aussi, on est atteint. Lors de la commémoration du génocide, j’ai vu à la télévision plusieurs documents audiovisuels, (comment les nommer ?) qui, en tentant d’informer et d’expliquer me faisaient horreur car en sorte, ils répétaient. Me rappelant le film. Après, je ressentais la force du regard subjectif de l’artiste quand il faut retourner après un génocide.

Laurence PETIT-JOUVET, cinéaste

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