Barbecue-Pejo

Un film de Jean Odoutan

France/Bénin - 1999 - 86 min - Couleur - 35mm

Sortie : 27 janvier 2000

Scénario : Jean Odoutan
Image : Valerio Truffa
Son : Issa Traore sr
Montage : Cécile Dubois
Musique : Jean Odoutan

Avec :
Jean Odoutan, Laurentine Milebo, Didier Dorlipo, Adama Kouyate

Un pauvre cultivateur de maïs Béninois veut rompre avec la misère noire, il s'improvise taxi-brousseman en achetant une Peugeot 504 brinquebalante. Le moteur de la guimbarde lâche. Il s'en sert comme moulin à farine et devient un piètre meunier. Le moulin rend l'âme, l'homme est à l'agonie. Sa femme se trouve contrainte de se prostituer dans les champs de maïs pour subvenir aux besoins de leurs deux filles affligées d'une malformation congénitale. Mais l'homme, rusé et philosophe, se sert du bloc moteur comme barbecue pour vendre du maïs grillé sur le trottoir. La richesse est en ligne de mire...


On a l’habitude de voir des films africains traitant de choses graves sur un ton tout aussi pesant. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur des ambitions des réalisateurs et à l’attente des spectateurs. Avec Barbecue-Pejo, nous dégustons un film qui relate les mille et un problèmes des pays africains, mais sur le mode d’une comédie croustillante. Comédie certes, mais avec intrusion de séquences dramatiques qui donnent au film une fraîcheur qui comble le spectateur. Ce mélange de comédie et de gravité assez bien maîtrisé par Jean Odoutan est méritoire pour un jeune cinéaste qui a osé s’attaquer à un exercice casse-gueule que même les plus chevronnés des réalisateurs n’arrivent pas toujours à mener à bien. Barbecue Pejo nous entraîne sous le chaud soleil de l’Afrique dans une histoire apparemment banale mais qui est en réalité le symptôme d’une politique qui enfonce chaque jour un peu plus l’Afrique dans les affres de la misère et de l’humiliation. Jean Odoutan nous met en présence d’acteurs qui dévorent son pays. L’étranger (le blanc) qui vient vendre sa camelote (un tacot déglingué avec la complicité d’un afro-antillais) à l’Africain séduit par le mirage de la technique. Et au milieu de ce trio, la femme africaine, malgré son courage et sa lucidité n’arrive pas à déjouer le « complot » dans lequel tombe son mari. Les aventures du trio des Pieds Nickelés se déroulent au milieu de la géographie des mœurs et coutumes africaines qui font dresser les cheveux à tous ceux qui pensent que les traditions sont là bien souvent pour maintenir le statu quo pour le plus grand malheur des « petites gens  ». Enfin, un autre mérite du film, réside dans la langue utilisée (rapport à l’identité de la société). Ce n’est pas la langue des autochtones, pas plus que la langue française d’aujourd’hui. Non, Jean Odoutan nous amuse en mettant dans la bouche de ses personnages, une langue bien ciselée en usage à l’époque de Racine. Un clin d’œil (ironique) du réalisateur qui nous rappelle que le Bénin passait à l’époque de la colonisation pour un enfant du Quartier Latin.

Ali AKIKA, cinéaste

Les Films


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