Cannes 2014 : L’Acid, qui zoome sur de jeunes auteurs, élargit sa focale

Publié le 15 mai 2014

Il fallait bouger les murs. Chaque soir à Cannes, pendant le Festival, l’Association du cinéma indépendant pour sa distribution (Acid), une des sections parallèles du Festival, refusait presque deux cents spectateurs au cinéma Les Arcades… Alors, cette année, pour la soixante-septième édition, qui a lieu du 15 au 24 mai, le lieu s’agrandit : l’Acid organisera chaque soir deux séances simultanées du même film, au lieu d’une seule, aux Arcades 1 (300 places) et aux Arcades 2 (150 places), cela grâce au soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et de la Société des auteurs et des compositeurs dramatiques (SACD). Les neuf films de l’édition 2014, dont six premiers longs-métrages, seront également visibles dans d’autres salles cannoises (Raimu, Studio 13 et Alexandre 3).

Si la focale s’élargit, c’est que les films de l’Acid, sélectionnés par un collectif de cinéastes, ont connu un retentissement croissant ces dernières années. Le cru 2013 était très riche avec Au bord du monde, de Claus Drexel, un documentaire sur les sans-abri qui a dépassé les 50 000 entrées en salles, 2 automnes 3 hivers de Sébastien Betbeder, avec Vincent Macaigne, ou encore La Bataille de Solférino, de Justine Triet, avec Laetitia Dosch.



RÉSEAU D’EXPLOITANTS



L’Acid n’est pas, ou n’est plus, la cinquième roue du carrosse cannois, après la compétition officielle, Un certain regard, La Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique… Sa vocation est d’exposer à Cannes de jeunes réalisateurs qui feront ensuite leur chemin. C’est le cas de Donoma (2010), de Djinn Carrenard, dont le second long-métrage, FLA, est programmé en ouverture de la Semaine de la critique cette année.

Hors Festival de Cannes, il y a aussi ces films que l’Acid parraine tout au long de l’année, en les accompagnant en salles à partir de la quatrième semaine d’exploitation, afin de les maintenir à l’écran le plus longtemps possible. Un exemple parfait est La BM du Seigneur (2011), de Jean-Charles Hue, dont le deuxième long-métrage, Mange tes morts, est programmé cette année à la Quinzaine.

L’Acid occupe une place à part, sur la Croisette, du fait de son réseau d’exploitants : « Notre vraie particularité, c’est notre réseau de plus de 250 exploitants. A Cannes, ils remplissent les salles aux deux tiers, nous livrent leurs impressions. Et on se sert de ce “retour” pour convaincre les distributeurs de sortir le film en salles. On gagne six mois de travail en fonctionnant ainsi ! », explique la déléguée générale de l’Acid, Fabienne Hanclot.

Car les films présentés à l’Acid n’ont pas tous des distributeurs. Cette année, trois d’entre eux seulement, sur un total de neuf, en avaient un au moment où la programmation a été dévoilée : Mercuriales, de Virgil Vernier, qui sortira chez Shellac ; Qui vive, de Marianne Tardieu, avec Adèle Exarchopoulos (Rezo Films) ; Les Règles du jeu, de Claudine Bories et Patrice Chagnard (Happiness). Depuis, deux autres films ont trouvé preneur : Le Challat de Tunis, premier film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania (Jour2fête), ainsi que Spartacus et Cassandra, de Ioanis Nuguet (Nour Films).


Clarisse Fabre, Le Monde du 14/05/2014

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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