Cesta Ven de Petr Vaclav

Publié le 18 juin 2014

République tchèque, 2012. Une famille de Rroms tente de mener une vie normale en dépit de sa pauvreté. Zaneta et David cherchent tous les deux un travail. Ils doivent s’occuper de leur petite fille et de la sœur de Zaneta, mais aussi faire face à toutes sortes d’obstacles : perte des allocations familiales, saisie de meubles, insalubrité. Enfermés dans une société qui rassemble tous les maux - racisme, drogue, prostitution -, ils doivent lutter pour s’y insérer, malgré tout.

Déjà dans Marian (1997), Petr Vaclav filmait la communauté rrom et la misère à laquelle elle était confrontée, à travers le personnage d’un garçon tzigane méprisé et rejeté. Aujourd’hui, le problème persiste. Il empire, même. Le réalisateur ressaisit aussitôt sa caméra et raconte cette fois l’histoire d’une famille rrom, comme une suite au premier film. À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, d’un réalisme effrayant, Cesta Ven nous fait pénétrer au cœur d’un univers misérable, et révèle la dureté de la situation. Il nous montre à quel point la pauvreté peut mener à des folies comme le vol ou le meurtre, et comment il est si facile de perdre pied quand aucune aide ne nous est apportée…

La formule « Cesta ven », qui signifie « Je m’en sortirai » en tchèque, correspond en tous points au personnage de Zaneta, ce petit bout de femme forte, presque autoritaire, qui se bat constamment et jamais ne s’essouffle. Presque plus courageuse que les hommes, elle est le véritable pilier du récit. Malgré quelques longueurs, on suit pas à pas la lutte sans fin d’une famille éreintée par la vie. Sans langue de bois, Petr Vaclav dérange. Il aborde et montre du doigt des problématiques liées au contexte politique et social actuel, dans son pays d’origine comme ailleurs. Il ne se pose pas en donneur de leçons mais se contente de mettre en lumière ce racisme impétueux, toujours très ancré dans la société. À travers tous ces rebondissements, on entrevoit l’amour et la solidarité qui lie les personnages. Car là est l’objectif et la force du film : nous amener au plus près d’une communauté jugée, écartée, et finalement mal connue, pour nous faire saisir l’humanité qui l’anime.

Fanny Bellocq, Fiches du Cinéma

Revues de presse

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