Critique - Brooklyn

Publié le 2 juin 2014

Premier film de son réalisateur Pascal Tessaud, présenté à l’Acid, sélection parallèle en vogue ces dernières années sur la Croisette, Brooklyn se regarde comme on écoute un bon morceau de hip-hop, avec l’envie d’être bousculé et d’en sortir plus fort. Et surtout, sans les fioritures des représentants mainstream du genre, plus intéressés par les querelles d’ego que par les problèmes de société qui les entourent.


Brooklyn, c’est le nom de scène d’une jeune suissesse (Coralie, interpretée par la rapeuse KT Gorik), partie à St-Denis se faire un nom au milieu des rappeurs locaux, eux-mêmes en galère, voguant de MJC en MJC devant une poignée de spectateurs, sans autre reconnaissance que celle de bénévoles associatifs qui y laissent tout leur temps libre et leur énergie. Tessaud filme l’itinéraire de cette jeune femme en plaçant dans sa mise en scène la rage essentielle à toute bonne réalisation (filmique ou musicale) indépendante et à la marge. Tourné avec peu de moyen dans un esprit participatif « à la Donoma », Brooklyn transpire la débrouille des quartiers et l’envie de s’en sortir. Si l’essentiel du récit gravite autour de son personnage principal (ses petits boulots, son logement chez une personne âgée, son apprentissage du métier), le tout dans un style réaliste documenté, le film n’en demeure pas moins une belle fiction aux ressorts dramatiques bien ficelés quoique prévisibles (conquête amoureuse, lutte contre un rival rappeur local...).

Évitant les écueils du film de banlieue au message trop prononcé, Brooklyn se distingue par sa capacité à absorber de nombreux sujets à travers son héroïne. La jeune comédienne/chanteuse qui l’interprète est pour beaucoup dans la réussite de ce beau projet porté par un beau souffle de vie participatif, composante inévitable aujourd’hui des plus beaux projets artistiques. Ce premier film est d’autant plus recommandable qu’il véhicule un message positif, véritable exploit dans ce festival qui fait la part belle aux sujets sombres et à la crise.


Jérémy Martin, Le Passeur Critique

Revues de presse

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Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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