Critique Qui vive

Publié le 17 juin 2014

Chérif veut devenir infirmier. C’est la quatrième fois qu’il tente de passer le concours. En attendant il travaille tant bien que mal en tant que vigile. Au centre commercial, une bande de jeunes cherche systématiquement à le provoquer, lui qui habite la cité mais qui travaille pour s’en sortir…


Rattrapé par les embrouilles du quartier

Reda Kateb n’est pas un acteur que l’on voit souvent dans des rôles titres. L’an dernier déjà, il avait confirmé qu’il n’était pas simplement une gueule pour les seconds rôles avec le captivant Gare du Nord, dans lequel il campait un thésard avec pour sujet cet énorme connecteur qu’est la Gare du Nord. Avec ce premier film de Marianne Tardieu, il n’y a plus à douter, Reda Kateb a tout d’un grand.

Marianne Tardieu installe son décor en quelques minutes en s’ouvrant sur la routine de Chérif, vigile au portique d’une enseigne de Hi-Fi video puis sur le chemin le menant à sa cité HLM. Il est revenu vivre chez sa mère pour se concentrer sur son concours d’infirmier. Il l’a déjà raté trois fois, mais il ne désespère pas et garde l’objectif de quitter le boulot alimentaire qu’il occupe actuellement, bossant pour un patron qui ne le considère guère mais est toujours prompt à lui demander « d’enchaîner ». Pour ne rien arranger, une bande de jeunes désœuvrés squattant le centre commercial où il travaille le provoque systématiquement, lui, l’arabe qui s’entête à gagner sa vie honnêtement, quitte à occuper un poste peu considéré. Heureusement, il fait la connaissance de Jenny, une jolie instit’ avec qui le courant passe. Mais son pote Dedah, receleur du quartier à bord de son 4x4, cherche à le dévier du droit chemin...

Déjà chef opératrice sur Rue des cités, la réalisatrice montre très vite qu’elle a un regard aiguisé sur la banlieue et sait immédiatement capter l’élément humain. Grâce au talent de valeurs montantes comme Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos (qui, par contre, campe encore une fois une instit’ aux airs de déjà vus) ou Rashid Debbouze, déjà vu dans La Désintégration de Philippe Faucon, toute la complexité des personnages sonne authentique. Les rapports de forces et la hiérarchie des valeurs au sein du quartier y est décrite en toute finesse car Qui vive dévoile, sans en avoir l’air, une certaine puissance dans son propos, jusqu’à ses derniers plans très évocateurs.

Alexandre Romanazzi, Abus de ciné

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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