Drancy Avenir

Un film de Arnaud Des Pallières

France - 1996 - 84 min - Couleur - 35mm

Sortie : 11 décembre 1997

Scénario : Arnaud Des Pallières
Image : Julien Hirsch
Son : Olivier Mauzevin et Patrice Mendez
Montage : Arnaud Des Pallières
Musique : Bach, Mozart et Tauber

Avec :
Aude Amiot, Thierry Bosc, Anne-Lisa Nathan

Drancy Avenir est constitué de trois récits : Premier récit. Le dernier jeune homme a avoir survécu à la Solution Finale lancée contre les juifs pendant la seconde guerre mondiale, ce dernier survivant va mourir. D'une voix d'agonie, le vieil homme dit la désolation de n'avoir pas su laisser un témoignage à l'épreuve du temps, de l'horreur qu'il a traversée. Second récit. Une jeune historienne enquête sur l'ancien camp de concentration de Drancy. Découvrant que l'endroit, toujours habité, est aujourd'hui une cité HLM appelée "{Cité de la Muette}", la jeune femme conjugue au présent le récit de l'extermination des Juifs d'Europe, et fait ainsi l'expérience de ce que le monde dans lequel elle vit, Paris et sa banlieue, est le monde de la Solution Finale. Troisième récit. Sur son bateau, le capitaine raconte la lente remontée du fleuve sauvage, remontée jusqu'au point où la civilisation conquérante dont il est le représentant, et la sauvagerie que cette civilisation venait instruire, sont devenues indiscernables.Ces trois récits ne se rejoignent pas.


Je n’ai jamais vraiment su ce qu’est un documentaire : Drancy Avenir n’a fait que brouiller les cartes un peu plus. Arnaud des Pallières y prend tous les risques dont celui majeur de tourner autour du sujet de dire Drancy en repoussé, sans le contredire ou le dédire : Un cours d’Histoire inquiet. Les petites histoires de ce coin de banlieue désormais sans histoire. La perfection du chant : une femme qui réapprend doucement l’innocence première de la musique, même allemande. L’histoire d’une rivière qu’on remonte vers le « coeur des ténèbres ». Des trains qui se croisent. Et l’horreur ? Elle semble absente et pourtant, dès les premières images, par la virulence du professeur, elle contamine le film et sourd derrière chaque plan comme un fleuve sombre ; un héritage insoutenable qui donne à la dérive sa cohérence secrète, au film son temps et sa structure propres. On reprochera à Drancy Avenir de nous prendre en otage, otages de cette invocation lente qui prend parfois des allures de convocation. Mais à l’heure où notre mémoire de cette horreur-là risque de s’exténuer dans l’orgie obscène du grand déballage médiatique, l’infinie pudeur de Drancy Avenir nous rappelle le travail qui nous incombe : se souvenir encore et toujours malgré le temps qui passe et l’eau qui a coulé sous les ponts... Car aucune justice ne sera jamais rendue, définitivement.

Vincent DIEUTRE, cinéaste

Les Films


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