El Cantor

Un film de Joseph Morder

Programmation ACID
Cannes 2005

France - 2005 - 90 min - Couleur - 35mm

Sortie : 15 mars 2006

Scénario : Harold P. Manning et Joseph Morder
Image : Catherine Pujol
Son : Jean-Daniel Bécache, Emmanuel Soland et Frédéric Bielle
Montage : Isabelle Rathery
Musique : Jean-Christophe Desnoux

Avec :
Lou Castel, Luis Rego, Françoise Michaud, Talila, Rosette, Pierre-François Desgeorge, Alexandra Stewart

William Stern mène une vie tranquille avec son épouse, Elizabeth, et leur fils Adam, lorsqu'un télégramme vient désorganiser leur quotidien. Le cousin de William, Clovis Fishermann, qui n'a pas donné de nouvelles depuis plus de trente ans, annonce son arrivée de New York. William se réjouit de retrouver Clovis avec qui il a fait les quatre cents coups dans sa jeunesse. Elizabeth ne se sent pas d'humeur à supporter les facéties des deux cousins. Clovis est fils et petit-fils de célèbres Cantors. Après tant d'années, que vient-il donc chercher ?


Entre deux termes il ne faudra pas confondre, s’il vous plaît : entre « irréconciliable » et « inconciliable  », par exemple. Dans El Cantor, il est question de la « tristesse irréconciliable » de chants yiddish, ce chant des pères dont la voix s’est perdue et que seuls les microsillons grésillants dans une arrière-boutique du Havre raniment brièvement. Or El Cantor est drôle, le plus souvent. La question se pose donc en ces termes : comment parvenir à concilier cette tristesse et cette drôlerie sans pour autant qu’elles se réconcilient ? À peu près de la façon dont Elizabeth et Clovis, au long du seul (et long) travelling de ce film portuaire, s’accorderont enfin, se séduiront presque, mais ne se réconcilieront pas davantage : en avançant, d’un pas trébuchant sur les galets, côte à côte. Côte à côte conciliant : la frontalité lumineuse des cadres et la découpe nette de plans apposés. Le trébuchement irréconcilié : ce qui, dans ces cadres, par cette découpe, se suspend ou dérape, oscille, perd l’équilibre, perd contenance et presque la face, se rattrape in extremis – ce sont les acteurs, l’imposante stature de Lou Castel soudainement affaissée, les yeux baissés (bouffonnerie taciturne, abasourdissement de bébé – notre Bill Murray), la silhouette penchée et brinquebalante de Luis Rego (dans son coin, sourire en coin – l’acteur le plus poli du cinéma français), la prestance acariâtre « de façade », endeuillée sur son banc solitaire, de Françoise Michaud (égérie de Morder, merveille de distinction terrienne à la Ann Sheridan)… El Cantor a cette tenue farfelue, tiré à quatre épingles et à la fois débraillé, la belle allure intimidée, l’élégance distraite. Pourquoi dès lors ne pas réconcilier « Jean qui pleure et Jean qui rit », et se réconcilier enfin, pourquoi garder ses distances, et pourquoi Clovis préfère-t-il appeler Liza « Elizabeth » ? Parce que, en somme, « c’est plus intime ».

Sandrine RINALDI, cinéaste

Les Films


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