Elle est des nôtres

Un film de Siegrid Alnoy

France - 2002 - 100 min - Couleur - 35mm

Sortie : 24 septembre 2003

Sélections et prix :
42ème Semaine Internationale de la Critique - Festival de Cannes 2003
Scénario : Siegrid Alnoy, Jérôme Beaujour et François Favrat
Image : Christophe Pollock
Son : Xavier Griette
Montage : Benoît Quinon
Musique : Gabriel Scotti

Avec :
Sasha Andrès, Carlo Brandt, Catherine Mouchet, Eric Caravaca, Pierre-Félix Gravière

Christine Blanc veut se faire adopter par « {la communauté humaine} ». Tout à coup, elle partage les valeurs de cette communauté : celle du crime. Stupeur... Les bras s'ouvrent, les verres trinquent : « {Elle est des nôtres...} ».


Une zone industrielle entourée de montagnes noires, des bureaux métalliques aux cloisons vitrées, des routes désertes fraîchement goudronnées… Dans ce milieu froid et hostile, Christine souffre. Intérimaire et célibataire, sans attache, sans histoire, Christine voudrait tellement être comme les autres. Mais comment retenir l’attention, comment créer un lien avec les rares personnes qu’elle côtoie ? Est-elle handicapée ou bien trop transparente, trop honnête pour faire partie de la communauté des hommes ? C’est à cette question complexe à laquelle Siegrid Alnoy tente de répondre dans son film. Comme une chercheuse risquant des expériences limites, elle introduit un meurtre dans son récit et fait basculer le parcours de son personnage. Un jour, Christine tue, exaspérée d’avoir essayé si longtemps de répondre aux désirs des autres. Sans pour autant la libérer, cet acte radical lui ouvre les portes du monde. Du jour au lendemain, elle trouve un amant et est embauchée à un poste fixe à hautes responsabilités. Elle devient apparemment « comme les autres », prise dans le tourbillon d’une vie inutile aux émotions artificielles. La force de Siegrid Alnoy est de nous rendre cette femme tour à tour étrange, inquiétante, même antipathique sans qu’elle ne nous soit jamais étrangère. Incarnée par la formidable Sasha Andrès, comédienne atypique au corps terrien et au visage taillé au couteau, bouleversante dans sa « présence absence », Christine nous interpelle en permanence, même lorsqu’elle dérange. La mise en scène, étonnamment exigeante et stylisée pour un premier film, soutenue par une musique hypnotique souvent mixée au même niveau que les ambiances, renforce ce sentiment permanent d’inquiétante étrangeté. Le film pourrait s’en tenir là, à ce constat extrêmement pessimiste d’une vie sacrifiée au mensonge et à la laideur, mais heureusement, Siegrid Alnoy croit en la beauté et à la vérité de certaines rencontres. Par son talent, elle nous guide dans le rude parcours initiatique de Christine en évitant l’écueil d’une pensée moralisatrice, en privilégiant toujours la beauté et la grâce. Siegrid Alnoy n’a que faire du réalisme. Elle nous impose son point de vue sur le monde avec force et élégance. L’intensité d’un geste ou d’un regard, la justesse ou la beauté d’un plan, c’est cela que l’on retient. C’est aussi ce qui fait que l’on ne sort pas indemne de ce film, parce qu’avant de le comprendre, on le ressent de tout son être. Et si parfois le film agace, ce n’est jamais gratuitement. Siegrid Alnoy n’est pas dans un cinéma de la séduction. Elle ne cherche pas à nous plaire, elle cherche au contraire à nous transmettre une émotion vraie, et elle y parvient avec beaucoup de talent.

Myriam AZIZA, cinéaste

Les Films


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