Eureka

Un film de Aoyama Shinji

Japon - 1999 - 187 min - Noir et blanc - 35mm

Sortie : 29 novembre 2000

Sélections et prix :
Prix de la Critique Internationale - Cannes 2000
Scénario : Aoyama Shinji
Image : Tamra Masaki
Son : Nobuyuki Kikuchi
Montage : Aoyama Shinji


Avec :
Yakusho Koji, Miyazaki Aoi, Miyazaki Masaru, Saitoh Yohichiroh

A Kyushu, au sud-ouest de l'archipel japonais, un matin de chaleur estivale... Une sanglante prise d'otages dans un bus municipal épargne le chauffeur Makoto, une écolière, Kozue, et son frère aîné, Naoki. Traumatisé, Makoto disparaît. Les deux enfants s'enferment dans le silence. Deux ans plus tard, leur mère divorce, leur père meurt au volant de sa voiture. Les voilà seuls dans la maison familiale. Makoto réapparaît soudain et décide de s'installer chez eux, rejoint bientôt par le cousin des adolescents, Akihiko, un étudiant en vacances. Le corps d'une femme est retrouvé sur la berge d'une rivière et la police soupçonne Makoto. Peu de temps après, celui-ci achète un bus d'occasion, l'aménage en camping-car et invite Kozue, Naoki et leur cousin à partir en voyage.


Mais qu’a-t-il trouvé ce japonais d’Aoyama Shinji pour s’approprier le mot de ce grec d’Archimède : Eurêka, et intituler son film de la sorte ? On pourrait répondre - admiratif que l’on est - qu’il a trouvé un style. Un style radical, sans concession ni fioriture, têtu et obstiné dans sa frontalité. Un ton qui laisse les gestes, les silences, les regards et le temps organiser la mise en scène. Qu’il a trouvé le moyen de raconter, sur des bases simples et contemporaines, une certaine histoire du Japon : celle d’après Hiroshima et Nagasaki, celle des survivants. Enthousiaste, on veut répondre qu’il a trouvé les moyens de réussir son film. Mais au fond cette interjection : Eurêka, est plus l’exclamation de ses personnages trouvant tant bien que mal à reconstruire leur vie - à ne pas se noyer - après de terribles traumatismes, que celle du cinéaste devant son film achevé. Et c’est là, dans cette idée du poids que se trouve tout le projet d’Aoyama Shinji et le lien avec la loi de la pesanteur d’Archimède. Car si les personnages retrouvent confiance en la vie c’est par la mécanique et le mouvement même de cette loi, par cette force verticale dirigée de bas en haut et exercée sur tout corps plongée dans un fluide. Le bouchon de liège d’Archimède remonte à la surface par un principe de pesanteur et c’est cette même poussée, vitale à l’univers, qui anime magistralement les personnages et tout le film d’Aoyama.

Alain RAOUST, cinéaste

Les Films


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