Ini Avan - Celui qui revient

Un film de Asoka Handagama

Programmation ACID
Cannes 2012

Sri Lanka - 2012 - 1h44 min - - DCP

Sortie : 10 juillet 2013

Sélections et prix :


* Jeonju International Film Festival, Corée du Sud 2012
* Edinburgh International Film Festival, Ecosse, 20 juin 2012
* Toronto International Film Festival (Contemporary World Cinema), Canada 2012
* Filmfest Hamburg, Allemagne 2012
* Festival International du Film de La Roche sur Yon 2012
* Tokyo International Film Festival (Winds of Asia - Middle East), Japon 2012
* Stockholm International Film Festival (Asian Images), Suède 2012
* Festival du Film de Sarlat, France 2012
* Hanoi International Film Festival, Vietnam 2012


Scénario : Asoka Handagama
Image : Channa Deshapriya
Son : Lalith Wasantha
Montage : Ajith Ramanayake,
Ravindra Guruge
Musique : Kapila Poogalaarachchi

Avec :
Dharshen Dharmaraj, Subashini Balasubramaniyam, Niranjani Shanmugaraja, Raja Ganeshan, Malcolm Machado, Maheswary Ratnam

De nos jours, au nord de Sri Lanka... Après deux ans passés dans un camp de réhabilitation sous contrôle gouvernemental, un ex combattant de l’armée rebelle vaincue retourne dans son village. Il y retrouve la femme qu’il a aimée, et entreprend de revenir à une existence normale. Coupable, aux yeux des villageois, d’avoir survécu, il est très vite rattrapé par les haines et les fantômes du passé. Une rencontre inattendue va peut-être changer le cours de son destin.

Le récit se déroule au nord de l’île, dans la région de Jaffna, où se concentre la minorité tamoule de Sri Lanka. La péninsule de Jaffna, à quelques dizaines de kilomètres de la côte indienne, a longtemps été sous le contrôle du mouvement séparatiste des Tigres Tamouls (LTTE) en lutte contre le gouvernement de Colombo depuis le début des années 80. Cette guerre civile a duré près de 30 ans, et causé la mort de près de 100 000 personnes, appartenant aux trois communautés cinghalaise, tamoule et musulmane. Elle a pris fin en mai 2009, après l’écrasement du LTTE par l’armée gouvernementale, et la mort de son chef historique, Vellupillai Prabhakaran.

«Lui», le protagoniste du film, enrôlé par le LTTE comme enfant soldat, est l’un de ces 280 000 Tamouls qui ont été parqués, après la guerre, dans des camps de réfugiés sous contrôle de l’armée sri lankaise, pour y être « réhabilités ». Ce n’est que deux ans plus tard qu’il peut enfin regagner son village.


Né avec l’indépendance de Ceylan en 1947, l’encore jeune cinéma sri lankais a grandi sous l’influence du cinéma indien (hindou et tamil) dont il reproduit les conventions et les genres (principalement le mélodrame familial). Mais à l’ombre de la figure tutélaire de Lester James Peries, contemporain de Satyajit Ray, plusieurs générations de réalisateurs se sont succédées depuis pour créer un authentique cinéma d’auteur.
Représentant le plus respecté mais aussi le plus controversé de ce que l’on pourrait appeler la « 3e génération », Asoka Handagama, né en 1962, avait commencé à se faire connaître à l’international, avec deux longs métrages sortis en France au début des années 2000 : This is my Moon et Flying with one Wing. Ce mouvement de reconnaissance est brutalement stoppé en 2005 avec l’interdiction qui frappe, avant même d’avoir été vu, son 5e long métrage, Akshraya (rebaptisé depuis Goodbye Mum). Ini Avan – Celui qui revient marque, comme pour le « héros » du film, le retour du cinéaste dont on était sans nouvelle depuis 8 ans.



Un homme, seul, rentre chez lui. C’est un ancien cadre des Tigres de libération de l’Îlam Tamoul, le mouvement de guérilla qui a sévi au Sri Lanka pendant trente ans. Face à lui le silence, puis la colère de villageois marqués par les enrôlements forcés et les ponctions financières des séparatistes. Ils n’entendent pas laisser ce « revenant » en paix. Pas plus que les habitants de la ville toute proche où l’homme cherche un travail qu’on lui refuse. Le « tigre qui revient » est la mauvaise conscience de l’Îlam Tamoul. Celui qui, en s’obstinant à vivre, questionne l’utopie séparatiste et ouvre les plaies encore vives d’un pays composite où cohabitent tamouls, cinghalais et musulmans. Avançant à tâtons dans la touffeur humide de sa nouvelle vie civile, l’homme se débat pour échapper aux fantômes qui surgissent à chacun de ses faux pas, avec une douceur et une patiente obstination qui contrastent avec son physique massif.
Servi par une image remarquable et une grande finesse d’interprétation, avec une mention spéciale pour Dharshen Dharmaraj qui incarne le personnage principal, Ini Avan nous aspire dans sa quête identitaire en réussissant à concilier la gravité de son sujet avec un humour et une tendresse inattendus. Une atmosphère qui doit beaucoup à l’autre grand rôle du film, une rescapée tamoule dont l’Histoire pourrait ne retenir que le statut de victime mais qui par son entêtement et son espièglerie offre une issue aussi subtile qu’imprévue.

Frédéric RAMADE, cinéaste


Faut-il connaître l’histoire de Sri Lanka pour entrer dans l’univers filmique d’Asoka Handagama ? Peut-on rattacher Ini Avan à un genre, et celui qui vient tout de suite à l’esprit, le genre Bollywood, avec chansons et situations mélodramatiques à la chaîne ?
C’est évidemment les questions que l’on peut se poser dans les premières minutes du film. Mais passé le mariage forcé de la première jeune femme et de sa vie avec l’ancien chef rebelle, le récit s’installe ailleurs.
A plans presque arrêtés, cadrés avec rigueur, le cinéaste nous impose le rythme lent d’une société d’après guerre qui oscille entre désillusion et illusion de renouveau par les trafics mafieux. Le révélateur du film, la pierre angulaire qui fait basculer le récit vers une nouvelle liberté, même si celle-ci est semée d’embûches, c’est l’arrivée de la femme du gardien limogé. A la fois forte et mutine, elle se glisse dans les plans, s’impose au point que l’on ne voit plus qu’elle. Elle tourne le dos à la victimisation, affronte la vie avec cran, obligeant notre héros à réagir et à ouvrir un peu plus les yeux sur les dégâts d’une société qui a perdu ses repères économiques et moraux. J’aime l’idée de cette jeune femme filmée en bord de plan, en arrière plan et qui fait exploser le cadre par sa détermination. Si le cinéma a une géographie, sa force vient lorsqu’il franchit les frontières pour aborder l’intime de notre humanité. Et Ini Avan produit ce moment de grâce avec ces quelques plans qui restent gravés dans notre mémoire, plaçant Asoka Handagama comme un cinéaste de notre temps.

Daisy LAMOTHE, cinéaste

Les Films


Distribution

HELIOTROPE FILMS
Laurent Aléonard
contact heliotropefilms.com
www.heliotropefilms.com


Production

E-CULTURE PRODUCTIONS Ltd
Jagath Wellawaththa
Anura Fernando


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Revue de Presse - Ini Avan celui qui revient

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Présentation du film réalisé par o.h.n.k avec le soutien de l’ACOR

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www.lacor.info/film/ini_avan

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Site Officiel - Ini Avan

www.asokahandagama.fr

Asoka Handagama : « Nous pensions que la guerre ne finirait jamais... »

Voir la vidéo de Philippe Piazzo sur UniversCiné



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