Gadjo Dilo

Un film de Tony Gatlif

France - 1997 - 100 min - Couleur - 35mm

Sortie : 4 août 1998

Sélections et prix :
Léopard d'Argent, Léopard de Bronze (décerné à Rona Hartner), Prix de la Jeunesse, Prix Oecuménique - Locarno 1997, Grand Prix des Amériques - Montréal
Scénario : Tony Gatlif
Image : Eric Guichard
Son : Nicolas Naegelen
Montage : Monique Dartonne
Musique : Tony Gatlif

Avec :
Romain Duris, Rona Hartner, Izidor Serban, Ovidiu Balan, Dan Astleanu, Valentin Teodosiu

Pourquoi Stéphane, jeune Parisien, arrive-t-il en plein hiver, gare du nord, à Bucarest ? Que signifie pour lui ce chant étrange, ce chant d'une femme (Nora Luca), qu'il fait écouter partout où il passe ? La capitale roumaine n'est qu'une étape et sa quête obsessionnelle le conduit en Valachie, au coeur d'une campagne inconnue, d'un peuple écorché : les Lautaris, «{musiciens tsiganes}». Le vieil Isidor est son passeur, celui qui permet de se glisser pas à pas dans cet univers chaotique, à la fois picaresque et violent, drôle et grinçant. Isidor est un bulibasha (chef de clan) roublard, endiablé, émouvant, grandiloquent, qui protège et couvre «{son Français}», se sert d'abord de lui comme faire-valoir puis se pique au jeu. Stéphane se coule en douceur dans cette planète de cris, de boue, de folie où rodent le mépris et la xénophobie. Stéphane vit ce présent comme il vient, aime Sabina la proscrite, fille de Manolé, prend peu à peu de l'assurance face à Isidor, trouve sa place, lui le gadjo (l'étranger) de Paris, parmi les Tsiganes de Valachie. Sans perdre le fil de son obsession : le chant tsigane, le chant d'une femme qu'il doit retrouver. Les Tsiganes sont ici dans leur réalité révélée. Avec eux, Stéphane, le Français n'apprend pas la tolérance, il la vit, il la ressent dans son évidence. Il n'est qu'un visiteur, un simple passager qui, forcément, sortira grandi de son voyage.


L’autre fou
L’autre fou c’est la traduction approximative de Gadjo dilo, j’aime cette traduction car elle reflète la richesse du film. L’autre cela peut être l’altérité mais aussi “ l’autre fou ” familier. La force du film réside aussi là, dans cette capacité à rendre familier ce qui semble étrange.
Pas de folklore dans Gadjo dilo mais le sentiment étrange d’être familier avec ces personnages qui vivent pourtant dans un ailleurs lointain. Joie du cinéma qui me permet d’être proche des Roms de Roumanie, plaisir enfantin qui m’avait permis d’être alternativement Cochise, Spartacus ou Barbe Noir.
Gadjo dilo c’est aussi la rapidité comme liberté, la vitesse du récit crée un espace sans contrainte où le cinéma semble retrouver son innocence.
Mais Gadjo dilo c’est aussi une leçon de tolérance loin de tous les clichés et machiavélismes, qui prend en compte la complexité des rapports intercommunautaires.
Grâce au film de Tony j’ai compris ce qu’est un pogrom, mais aussi je suis sorti de là avec la certitude que la générosité pouvait être le moteur d’une histoire et la valeur qui nous permet d’être proche du monde, de “ Mondo ” dirait Tony Gatlif.

Jean-Henri ROGER, cinéaste

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