L’Amitié

Un film de Serge Bozon

France - 1997 - 84 min - Couleur - 35mm

Sortie : 7 janvier 1998

Scénario : Axelle Ropert
Image : Céline Bozon et Christophe Guilbaud et Claire Mathon
Son : Carol Sandevoir, Mackaël Barre
Montage : Dorothée Sebbagh
Musique : Sibelius

Avec :
Elodie Bachelier, Fabrice Barbaro, Sonia Bayle, Serge Bozon, Jennifer Ferrand, Eva Truffaut

Anciennement aimée de Frédéric, Véronika cherche à le revoir. Un compagnon de longue date, William lui conseille une tactique aussi insidieuse qu'amicale... Reste à savoir si chacun des deux désire vraiment tenir toutes ses promesses. Un printemps lyonnais plus triste que prévu nous donnera la réponse.


L’Amitié est un film étonnant. D’abord parce qu’il ressemble à personne. A peine, ici ou là pourrait-on deviner l’attrait d’une séduction déclinée sur le versant rohmerien des intrigues amoureuses vouées au désastre dés la naissance ou peut-être, là ou ici une cruauté adolescente proche du Truffaut des origines. Mais non, ce ne sont là qu’ombres légères projetées sur la vraie vie d’un film d’une constante invention narrative autant qu’expressive. Quel bonheur d’assister à la naissance d’un cinéaste foncièrement original qui trace avec bravoure, intrépidité, sans se soucier du goût du jour, son sillon personnel avec l’impérieuse conviction et la certitude farouche qu’au cinéma, il n’y a qu’un unique salut : être soi-même envers et contre tout... ! Un garçon insaisissable joue de son charme avec cette inconscience odieuse qui stimule les passions durables : des jeunes filles en fleur courent sous des frondaisons estivales en robes imprimées. Tous en état de grâce et comme en apesanteur portent déjà le deuil d’une jeunesse éphémère qui s’enfuit sous le soleil d’un dernier été. Dans la seconde partie,sorte de saison des désillusions, L’Amitié affronte les horreurs du monde plongé dans le grand fleuve du temps. Le mal d’être et les désillusions prennent corps et sens dans une série de scènes magnifiques où passe le cauchemar de la maladie mentale, celui de l’intégrisme de tout bord, celui de l’esprit d’entreprise et de la solitude. Le film s’achève alors sur un dernier salut en forme de pied de nez malicieux et de pure politesse... Celle d’un désespoir qui n’aurait ni l’âge, ni le goût d’enfoncer trop profondément le couteau dans la plaie. Serge Bozon sait très bien pourquoi ses personnages et son film sont si douloureux sous leu fausse désinvolture. L’élégance consiste ici à interdire de jeter une pincée de sel supplémentaire sur la blessure afin de vérifier qu’elle fait vraiment mal. Voilà pourquoi, entre autres raisons L’Amitié est une merveille, pas une petite merveille, une merveille tout court.

Jean-Claude GUIGUET, cinéaste

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