L’Arche du désert

Un film de Mohamed Chouikh

Algérie - France - Allemagne - 1997 - 90 min - Couleur - 35mm

Sortie : 28 janvier 1998

Scénario : Mohamed Chouikh
Image : Mustapha Belmihoub
Son : Rachid Bouaffia
Montage : Yamina Chouikh
Musique : Philippe Arthuys

Avec :
Hacen Abdou, Messaouda Adamin, Shyraz Aliane, Myriam Aouffen, Amin Chouikh

Il existe mille et une histoires ordinaires tous les jours et partout dans le monde. Elles sont petites, laides et sales. Elles brisent pour un instant l'harmonie des apparences et nous ouvrent les yeux sur l'enfer.C'est une de ces «histoires» que raconte L'Arche du désert.Un conte qui ne commence pas par «il était une fois», mais par «il existe» sans énoncer le temps et le lieu. Dans une mer de sable qu'on appelle désert, une arche, qu'on appelle aussi oasis. Une histoire de baisers anodins entre Myriam et Amin va bouleverser l'ordre établi pendant des générations, entre les différentes ethnies. Cette entorse aux vieilles conventions, dont personne ne demande ni ne connaît plus le sens, montre les frontières jusque là invisibles entre les ethnies. Pour ces frontières il n'y a pas de mots, celles qui sont visibles s'appellent racisme.Il existe un élément, pour lequel les différences sociales et raciales ne jouent aucun rôle, l'eau. Devant cette eau, tout le monde est égal et parce que cette égalité semble insupportable, les habitants détruisent ce qui est l'essence de leur vie.


Une oasis c’est comme une île au milieu de l’océan. C’est un havre de vie et un lieu où la tolérance entre chaque groupe et individu, est indispensable pour la vie en société, car il n’y pas d’ailleurs possible. L’Arche du désert est l’histoire d’une vendetta déclenchée par la transgression d’une loi non écrite. Transgression qui, comme dans toutes les vendettas, a pour objet le désir. Cette vendetta oppose deux groupes que rien ne distingue bien au contraire, ils ont tout en commun, l’oasis et les mêmes tabous qui font vivre ceux qui manifestent une différence littéralement à la marge. C’est à dire ici, au bord de l’oasis, dans la société et à l’extérieur du groupe. De ce dispositif fictionnel, va naître un récit métaphorique où la vendetta n’est que la forme domestique de la guerre civile. La force de Chouikh tient au fait qu’avec un dispositif narratif simple, il produit une réalité complexe. Jamais ses personnages ne sont réduits à leur fonction métaphorique. À l’image de la jeune fille qui quand elle retrouve enfin l’être désiré, refuse d’être touchée par lui. Il y a dans L’Arche du désert une force lyrique du filmage qui emporte le récit vers une tradition. Celle des récits baroques de la littérature sud-américaine. Comme il y a dans la beauté des images, dans la démesure de certains mouvements d’appareil, quelque chose qui évoque le cinéma de Glauber Rocha.

Jean-Henri ROGER, cinéaste

Les Films


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