La Vie est dure nous aussi

Un film de Charles Castella

Programmation ACID
Cannes 1998

France - 1998 - 95 min - Couleur - 35mm

Sortie : 13 janvier 1999

Scénario : Charles Castella et Alice De Poncheville
Image : Nils De Coster
Son : Patrice Mendez
Montage : François Charpentier
Musique : Lazare Boghossian

Avec :
Fabienne Babe, Aurélia Petit, Charles Castella, Laurence Cote, Alice De Poncheville, Sandrine Le Berre, Luc Leclerc du Sablon

Lui, c'est Charles, un jeune marseillais de 30 ans à Paris, maladivement discret, insomniaque, hypocondriaque, solitaire, égoïste même et doué pourtant, paraît-il, d'un sens plutôt rare de l'écoute et de la compassion. Préposé d'office à la garde de Mister Smith, le chien d'une amie, il va découvrir au rythme de sorties obligées une ville qu'il ne connaissait pas. A hauteur d'homme. Ou de chien, c'est selon. Un jour il croise les pas ailés d'ELLE qu'il reconnaît illico comme la femme de sa vie puisque deux minutes de sa présence apaisante lui ont procuré le sommeil... Charles n'aura de cesse que de la retrouver. Son enquête s'avère difficile. Tous ceux qui ont cotoyé l'inconnue n'en ont apparemment aucun souvenir.


Voilà un film à prendre comme il vient, sans idées préconçues et sans précipitation. Car son motif, la quête amoureuse, n’est pas de ces démarches qui se déterminent rationnellement, efficacement : le désir volontariste de résultats s’embourbe vite, là où l’on sait bien que seul le hasard mène le jeu. On comprend donc que le héros, comme le spectateur doit se laisser porter par l’événement : celui qui permet à l’un d’attendre son heure et à nous de rencontrer au détour d’un plan de singulières beautés : réussite de dialogues et de climat ou numéros de séduction aux charmes rare et original. Ce n’est pourtant pas, je crois, que le protagoniste se satisfasse d’un tel état de chose : pas de prédisposition lymphatique chez lui, mais au contraire la conscience claire et accablée que, dans ce jeu, ce sont les femmes qui disposent. Sûres de leur temporalité grâce à cette horloge biologique qui les rendra inéluctablement femmes et mères, elles laissent l’homme à son errance, à son indétermination. Du coup, on peut lire dans le désarroi du héros, Charles Castella, et dans la fêlure du personnage de Luc Leclerc du Sablon, comme l’aveu pudique d’une crise présente de masculinité. Crise en creux, qui ne prend jamais le pas sur la description de cette féminité tourbillonnante, aventurière et ingénue que les actrices du film incarnent toutes avec un égal bonheur, comme si elles se jouaient de la fragilité de leurs adorateurs.

Pascal KANÉ, cinéaste

Les Films


Distribution

Cara M
38 rue des Martyrs
75009 Paris
Tél : 01 55 31 27 25
Fax : 01 55 31 27 26
Email : caram aol.com


Production

Compagnie des Films





© 2011 L’acid - Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion | réalisation site : quidam.fr