La Vie rêvée des anges

Un film de Erick Zonca

France - 1998 - 113 min - Couleur - 35mm

Sortie : 16 septembre 1998

Sélections et prix :
Cannes 1998 Prix dinterprétation féminine (ex-aequo) pour Elodie Bouchez et Natacha Régnier - Césars 1999 Meilleur film - Meilleure actrice pour Elodie Bouchez - Meilleur espoir féminin pour Natacha Régnier
Scénario : Roger Bohbot et Erick Zonca
Image : Agnès Godard
Son : Jean-Luc Audy
Montage : Yannick Kergoat


Avec :
Elodie Bouchez, Grégoire Colin, Patrick Mercado, Jo Prestia, Natacha Régnier

Isa a vingt ans, son sac à dos pour tout bagage et une "{philosophie de la galère}" plutôt souriante. Elle débarque à Lille, après d'autres villes de passage, à la recherche de petits boulots. Jamais les mêmes et jamais très longtemps. Partout où elle va, elle ajoute une petite pièce à l'édifice qu'elle construit patiemment avec sa générosité, instinctivement. Son chemin croise celui de Marie, 20 ans elle aussi. Fille du Nord, solitaire, comme Isa, mais pour d'autres raisons. Marie est sauvage, écorchée, révoltée contre sa condition sociale. Le film raconte le lien humain que chacune entretient à sa manière avec le monde, les fils de vie qu'elles tissent comme une espérance.


Le désir impossible
Dire que La Vie rêvée des anges est un film sur l’amitié ou sur la marginalité, est non seulement réducteur mais aussi un contre-sens. La Vie rêvée des anges n’est pas un film sûr. C’est un film qui à travers l’observation de deux regards, nous fait vivre l’impossible amitié et l’inévitable trahison. Impossible car le désir de fusion n’appartient qu’à l’une des protagonistes (Isa), pour l’autre (Marie) le désir ne peut servir qu’à s’échapper aux circonstances de leur rencontre. Jeux de miroirs où la traversée de celui-ci ne peut être que fatal. La force de La Vie rêvée des anges est de nous livrer le réel à partir de cette impossibilité. Du coup, rien n’est décoratif, la marge, la galère, l’abjection du fric, ne sont jamais utilisées comme démagogie narrative. Ils sont là, réels et incontournables. Comme sont là les autres personnages, pris sur le regard croisé et inconciliable des deux protagonistes féminines, créant ainsi de la complexité et de l’épaisseur pour tous les personnages secondaires. Dans le palmarès frileux de Cannes 98, celui de l’interprétation féminine attribuée aux deux actrices du film est celui qui est le plus proche du regard d’un cinéaste (Scorsese était le président), car en donnant le prix à Elodie Bouchez et Natacha Régnier, c’est bien évidemment aussi le film qui est primé. La manière de Zonca et la force de la mise en scène viennent du fait que tout nous est montré, raconté à partir de ces deux corps et de ces deux regards inconciliables.

Jean-Henri ROGER, cinéaste

Les Films


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