Le Cas Pinochet

Un film de Patricio Guzman

France - 2001 - 110 min - Couleur - 35mm

Sortie : 10 octobre 2001

Sélections et prix :
GRAND PRIX Festival International du Documentaire - Marseille 2001, Semaine de la Critique - Cannes 2001
Scénario : Patricio Guzman
Image : Jacques Bouquin
Son : André Rigaut
Montage : Claudio Martinez


Le mardi 22 septembre 1998, le général Augusto Pinochet s'envole vers Londres pour un voyage d'agrément. Là-bas, il se repose quelques jours, prend le thé avec Margaret Thatcher. Il a l'intention de se rendre à Paris. Mais de subites douleurs de dos l'obligent à se faire opérer dans une clinique à Londres. A son réveil il est arrêté par la police. Que s'est - il passé ? Deux ans avant que Pinochet ne prenne l'avion, Carlos Castresana, un jeune procureur de Madrid, découvre un article qui permet à la justice espagnole d'intervenir dans n'importe quel pays où l'on pratique génocide, torture ou terrorisme. Poussé par un désir élémentaire de justice, ce procureur porte plainte contre les militaires argentins et contre Pinochet. Le juge Baltazar Garzon considère les plaintes comme recevables. La machine judiciaire est en marche. Des centaines de victimes chiliennes arrivent à Madrid pour témoigner devant le juge. Ce sont surtout des femmes, parentes des disparus, ex-prisonnières victimes de tortures dans les prisons secrètes. Les avocats remettent au juge des milliers de documents recueillis par l'église catholique pendant les 17 ans de dictature. Depuis Madrid, le juge Garzon demande l'arrestation immédiate de Pinochet, arrestation effectuée par Scotland Yard à la surprise du monde entier. Ensuite l'Espagne demande officiellement l'extradition de l'ex dictateur vers Madrid et plus tard la Chambre des Lords supprime son immunité parlementaire. Le général reste 503 jours assigné à résidence dans la banlieue de Londres jusqu'à ce que le gouvernement de Tony Blair le libère pour des raisons de santé.Cependant, quand Pinochet arrive au Chili, il se retrouve face aux nombreuses plaintes déposées contre lui pour tous ses crimes. 200 plaintes instruites pendant son absence. Après de nombreuses péripéties, la Cour Suprême finit par lui retirer son immunité parlementaire. Finalement le 29 janvier 2001 le juge Juan Guzman ordonne son assignation à résidence. La population n'a plus peur et la justice chilienne rattrape le temps perdu.


En d’autres temps, le film se serait appelé « les dictateurs se portent bien ».
Mais Guzman qui a déjà montré qu’il savait faire dans la charge s’en tient à l’épure. Point de facilités dramatiques. Et ce qui est fort devient très fort.
Un Pinochet forcé de jouer au débile, pour échapper à la justice.
Un plaideur anglais pour qi somme toute la chandelle du communisme vaut bien quelques litres de sang.
Un juge espagnol - le premier par qui l’espoir est revenu - qui ne fait que s’acquitter d’une vieille dette de 36, quand 2500 antifascistes espagnols, abandonnés par les gouvernants d’Europe furent recueillis au Chili par un consul qui s’appelait Pablo Neruda et un ministre de la santé, Salvador Allende.
Le deuxième juge espagnol, juste par son silence.
Parole d’une suppliciée : le pire des supplices sera toujours - jugement ou pas - celui des tortionnaires, et sinon, celui de leurs enfants : la honte.
Et puis cette Cordillère qui en a tant vu, solidaire de toute la mémoire de ses entrailles.
Et si le cinéma était devenu le seul endroit où pouvait se faire honnêtement de la télé ?
Au fait, à quand « Le cas Aussaresses  » privé de sa réduction métro pour les 24 algériens -avoués- trucidés de ses propres mains ?

Jean-Pierre LLEDO, cinéaste

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