Les Savates du bon Dieu

Un film de Jean-Claude Brisseau

France - 1999 - 107 min - Couleur - 35mm

Sortie : 8 mars 2000

Scénario : Jean-Claude Brisseau
Image : Romain Winding et Laurent Fleutot
Son : Georges Prat et Brigitte Taillandier
Montage : Maria Luisa Garcia Martinez
Musique : Jean Musy

Avec :
Stanislas Mehrar, Raphaëlle Godin, Emile Abossolo M'Bo, Coralie Revel, Paulette Dubost

Fred est marié à Elodie. Ils sont jeunes, ont une petite fille et vivent dans une cité H.L.M de la banlieue de Saint-Etienne. Fred travaille dans un garage. C'est un grand enfant irresponsable qui distribue aux plus démunis que lui le peu d'argent qu'il a. Lassée par l'inconséquence de son mari, Elodie le quitte. Fou de douleur, Fred part à sa recherche avec Sandrine, une amie d'enfance amoureuse de lui. Sur leur chemin, ils rencontrent Maguette, un Africain très curieux qui maîtrise aussi bien les pratiques magiques que les ordinateurs. Sorte d'ange gardien des deux jeunes gens, il les accompagne dans leur cavale ponctuée de vols et de larcins pour pouvoir vivre et faire vivre les amis et la grand-mère restés dans la cité. Ils atterrissent dans le Lubéron et finissent par retrouver Elodie, au terme d'un parcours initiatique où Fred acquiert une culture et une meilleure compréhension des rouages de l'univers dans lequel il vit. Mieux armé pour s'intégrer dans le monde réel, il peut enfin faire son deuil d'Elodie, la femme fantasmée, et accéder à l'amour concret que lui offre Sandrine. Fred a enfin ce qu'il voulait : une femme qu'il aime, un garage, des voitures luxueuses. Mais sans l'aide de Marguerite, son ange gardien, que serait-il devenu? La cavale, tour à tour tendre, violente, drôle et dramatique de deux enfants d'un siècle apparemment déserté par Dieu et le sens de la vie.


Ces savates arpentent le ciel et la terre, la ville et la campagne, les cités dures de St Etienne et les paysages enveloppants de la Drôme. Elles dessinent la trajectoire d’un jeune homme, sa quête de l’absolu, sa dérive amoureuse autant que son parcours mental. Le plus beau du film se trouve là : dans cette conjonction de la souffrance affective et du processus intellectuel mis en œuvre pour la surmonter. Ces scènes à la montagne où le garçon apprend, de la jeune fille qui l’aime, à lire : où sa détresse se transforme en mots, où sa douleur apprend à se dire, à s’écrire. Le film de Brisseau est à l’image de cette quête infinie. Il dit en permanence son amour du cinéma et sa tentative d’aller au-delà : le cinéma tel qu’il est et tel qu’il porte en lui la capacité de se dépasser. Sa compassion profonde pour les personnages et son désir de tout dire (de tout savoir) sur eux. D’où l’aspect pulsionnel, éclaté, déréglé, délirant parfois des Savates du Bon Dieu. Sa capacité de passer du réalisme le plus cru au mysticisme le plus fou. Car ce film bressonnien doit aussi beaucoup à J.Rouch. De ce point de vue, il est l’hommage le plus inattendu au plus grand des cinéastes, disparu juste avant l’an 2000.

Serge LE PERON, cinéaste

Les Films


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Production

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