Macadam Tribu

Un film de Zéka Laplaine et José Laplaine

France - Zaire - Portugal - 1996 - 90 min - Couleur - 35mm

Sortie : 19 février 1997

Scénario : Zéka Laplaine
Image : Lionel Cousin
Son : Frédéric Pfohl
Montage : Claire Pinheiro
Musique : Christian Polloni

Avec :
Lydia Ewandé, Hassane Kouyaté, Djibril Kouyaté

Mike c'est les filles, et Kapa, la boxe. Mike et Kapa sont deux frères qui courent les rues, les bars et les salles de boxe d'une grande ville africaine, exubérante et charmeuse. Mike sort de prison parce qu'il a un peu traîné avec la femme du flic. Kapa court avec Duka, l'entraîneur et le copain du quartier. Mère Bavusi, la mère de Mike et Kapa, boit un peu, et rêve de récupérer au grand marché l'emplacement de vendeuse de pagnes qu'elle occupait quand le père Bavusi était encore là, et qu'on respectait... Dans le bar de Papa Sandu, le père de Duka, le soir on retrouve Pop, l'intellectuel un peu décalé, Macho avec ses deux femmes et Guiseppe, l'italien hors du temps, Viva et Zara, les filles qui traînent, Petit, le gosse aux mille métiers, et parfois Mère Bavusi qui vient chercher un peu de chaleur humaine. On y commente les événements des deux mondes, celui de la rue, là, juste devant, et puis celui de la télé. Mais un jour Duka se met en tête de remonter sur le ring et d'affronter Kabeya, le grand champion. Tout le quartier est là pour le soutenir mais le combat tourne mal. Alors Papa Sandu et Mère Bavusi se relaient nuits et jours au chevet de Duka dans le coma.


PAROLE DE CINÉASTE

Il est des films où, dès la première minute, on se sent chez soi. La simplicité avec laquelle José Laplaine nous ouvre les portes de ce quartier de Bamako et conte la vie quotidienne d’un mécanicien, de sa famille et de ses voisins, participe de cette faculté des oeuvres artistiques à traiter l’universel par le très spécifique. Mère Bavusi est excédée des emprisonnements réguliers de son fils aîné, Mike, orchestrés par une de ses amantes, une femme mariée à un homme politique. Mère Bavusi est veuve. La nuit, elle oublie sa solitude et le secret qui la hante, en buvant les cannettes de bière de ses fils. Le jour, elle n’a plus tous ses moyens pour retrouver la confiance des fournisseurs et reprendre son commerce de pagne. Le patron, blanc, du garage, débauche Mike pour mettre fin aux pressions de la police locale, manipulé par la maîtresse délaissée de ce dernier. D’autre part, ce patron est organisateur de combats de boxe illégaux. Au cours d’un combat, un frère de Mike tombe dans le coma. Mike a des amis, dont un éloquent jeune avocat, et des voisins solidaires, au regard lucide sur les maux de l’Afrique. Ensemble, ils organisent une autre vie dans le quartier. Ces petits et grands malheurs, ces petites et grandes joies de chacun, soutenus par l’interprétation de Lydia Ewandé, et les rythmes réjouissants de Papa Wemba, m’ont aussi fait rêver de solidarités qui permettraient une vie plus douce. J’aime beaucoup ce traitement en mosaïque, dont les touches colorées composent une vision plutôt impressionniste et effective qu’une fable morale au développement convenu. Les problèmes de l’Afrique et les tragédies humaines qui fondent le récit restent la partie immergée de l’iceberg, toujours perceptible à travers la transparence légère de la comédie.

Caroline CHOMIENNE, cinéaste

Les Films


Distribution

Mercure
26 rue Commandant René Mouchotte
75014 Paris
Tél : 01 46 33 25 98


Production

Flamingo Films


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