Marian

Un film de Petr Vaclav

République Tchèque - 1996 - 109 min - Couleur - 35mm

Sortie : 5 novembre 1997

Sélections et prix :
Léopard d'argent au Festival International du Film de Locarno 1996, Prix Procirep au Festival Premiers Plans d'Angers 1997
Scénario : Jan Sikl et Petr Vaclav
Image : Stepan Kucera
Son : Daniel Nemec
Montage : A.F.T.S et Alois Fisarek
Musique : Jiri Vaclav

Avec :
Milan Cifra, Stephan Ferko, Radek Holub, Eva Hradilova, Ludmila Krokova, Jaroslava Vyslouzilov, Terza Zajickova-Grygarova

Marian n'a que trois ans lorsqu'il est placé à l'assistance publique. Sa mère, une tsigane, a été déclarée irresponsable et incapable d'élever ses enfants. Marian ne parle pas tchèque et n'a aucune notion d'hygiène. Etiqueté "attardé mental" du fait de "tares héréditaires inhérentes à sa race", il est promis au plus sombre avenir. Enfant sauvage, Marian, en grandissant, se rebelle contre un univers hostile qui lui manifeste son indifférence. Il passe d'orphelinats en maisons de correction, multiplie les séjours en prison. Il place son espoir dans quelques personnes de rencontre. Mais aucune d'elles ne peut développer avec lui une relation durable. Comment, à vingt-deux ans, survivre à une telle solitude ?


PAROLE DE CINÉASTE

Marian n’est pas un film séduisant. Il vous saisit au collet dès les premières images comme ce tout petit garçon gitan que les services sociaux arrachent à sa mère et à ses jeux pour le placer en institution et vous propulse avec lui dans le désastre implacable de son arrachement et de son enfermement au milieu d’autres faux-vrais orphelins livrés à une misère affective et sociale à la mesure de celle qui englue les adultes qui les ont en charge. La force de ce film pour moi inoubliable réside dans le regard de Petr Vaclav dont la caméra d’entomologiste, clinique, au scalpel, se faufilant entre la fiction et le documentaire, réussit à capter le mouvement des sentiments enfouis au plus profond de ceux qu’il filme dans les conditions et les lieux mêmes de leurs vies : enfants et adolescents, vrais exclus, oubliés et ignorés du monde, relégués dans le cycle des institutions successives d’encadrement, d’internement, de redressement, de correction, pénitenciaires (quel luxe de vocabulaire administratif pour dire quatre murs !) et à qui le travail sans complaisance ni manichéisme de Petr Vaclav restitue leur dignité et une place dans le monde au moins le temps d’un film dont j’espère pour cette même raison qu’il sera programmé longtemps.

Dominique CREVECOEUR, cinéaste membre de l’ACID

Les Films


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valentin.rebondy...
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