Mémoires d’Immigrés : L’Héritage maghrébin

Un film de Yamina Benguigui

France - 1997 - 160 min - Couleur - 35mm

Sortie : 2 avril 1998

Scénario : Yamina Benguigui
Image : Bakir Belaidi et Virginie Saint-Martin
Son : Serge Richard
Montage : Nadia Ben Rachid et Lionel Bernard
Musique : Slimane Azem, Rachid Barhi, Dalida, Malika Domran, Dahmane El Harachi, Cheb Hasni, Idir et Enrico Macias, Cheb Mami, Bellamou Messaoud, Rachid Taha

Ce fut d'abord la rencontre avec une ville. Marseille. Au hasard d'un tournage, lors de la réalisation de Femmes d'Islam. Il me fallait filmer plusieurs femmes et les interroger sur leur condition de musulmanes... Plus je les écoutais, plus je me demandais : comment ces femmes, sont-elles arrivées en France ? Elles ont raconté. Les images s'imposaient d'elles-mêmes : l'arrivée au port puis la découverte des bidonvilles, la solitude... j'ai pensé à leurs époux et, donc, aux pères. Cette première trilogie voulait tenter de comprendre pourquoi les hommes interprétaient le Coran au détriment de leurs soeurs, épouses et filles. Le projet de cette seconde trilogie s'intéresse aux sources même de la présence de ces hommes et femmes sur le territoire français. Reconstituer l'histoire de l'immigration maghrébine, pour moi, c'est aussi reconstituer une partie évidente de l'histoire de France, depuis l'époque de la colonisation du Maghreb. Elevée entre traditions familiales et principe républicains, j'ai ainsi le sentiment de me réapproprier ma propre histoire, faite de ces deux pans... Reconstituer le passé d'une communauté, en suivant le parcours de quelques-uns de ses membres, et lui éviter la dangereuse tentation d'un repli sur elles-mêmes : tel est le pari de la trilogie Mémoires d'Immigrés.


Ce qui différencie Mémoires d’Immigrés des nombreux documentaires que l’on a pu voir sur l’histoire maghrébine, c’est L’EMOTION, l’émotion qui vous envahit dès les premières images et qui vous accompagne tout le long du film. Yamina Benguigui a su filmer sobrement, laissant la caméra se faire oublier devant la parole des participants qui nous confient leur vie en France, sans jugement, sans haine, avec une grande simplicité. La forme s’efface devant le fond qui devient primordial, essentiel et ceci nous touche d’autant plus profondément. Bien sûr, chacun réagit différemment en fonction de sa génération et de ses propres souvenirs. Les pères c’est leur arrivée à Marseille ou dans les bassins miniers du nord, les bidonvilles de Nanterre, leur vie de travail et de souffrance. Les femmes, c’est de tenter de sauver les valeurs d’une tradition pour ne pas perdre complètement leur identité. Quant aux jeunes et aux intellectuels, c’est l’apport d’une certaine liberté et un acquis culturel qu’ils y ont trouvés, ce qui leur permet d’avoir un sens critique, voire même de révolte. Mais ce qui frappe très fort, c’est la revendication commune de leurs origines maghrébines, la nostalgie d’un pays où ils ne peuvent plus ou ne veulent plus retourner et un certain mal de vivre dans leur pays d’adoption, avec la peur constante qui peut surgir à chaque instant d’un mot « bougnoul », d’un regard, d’un refus. Au moment où l’on parle des sans-papiers et de l’immigration, il est bon de nous montrer la genèse d’un peuple déraciné que l’on a tendance à occulter et qu’il est bon de rappeler. Combien de temps mettrons-nous à leur faire oublier le mot « exil », à faire que notre histoire devienne commune et confondue ?

Pomme MEFFRE, cinéaste

Les Films


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