Ô Heureux jours !

Publié le 8 juillet 2013

Adepte d’un cinéma de l’intimité qui préfère à l’esthétique formelle celle des correspondances et du laisser-venir, Dominique Cabrera a filmé pendant plusieurs années sa famille afin de monter un travail sur la filiation et plus généralement ces liens extrêmement forts entre membres d’une famille. Et, toujours, elle travaille ainsi le temps qui passe, qui délite ou rapproche, qui éloigne aussi, notamment lorsque surviennent des éléments dramatiques. La caméra est partout, jusque dans le cercueil de son père, et la réalisatrice finit par nous raconter autre chose qu’une chronique familiale : les blessures d’une génération que la suivante tente de guérir - les mystères qui entourent l’adoption de sa mère -, les fantômes qui viennent se glisser entre deux plans d’enfants qui jouent. Ô heureux jours, avec sa petite musique quotidienne et souvent banale, sa voix off très répétitive, est une proposition atypique qui détone forcément - et heureusement peut-être aussi - dans un paysage cannois de films très produits ou très formels. On s’ennuie parfois, surtout au début. Mais il faut ce rythme et cette torpeur, laisser aux liens le temps de se mettre en place pour ensuite permettre aux fantômes de s’aventurer entre deux repas de famille et finalement nous mener à bon port.

Marine Quinchon - Les fiches du cinéma

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