Pascal Tessaud raconte l’univers du rap de Saint-Denis dans « Brooklyn »

Publié le 4 juin 2014

Brooklyn porte décidément chance à la Seine-Saint-Denis. Il y avait la série télé « Taxi Brooklyn » dont la vedette n’est autre que Jacky Ido, enfant du 93. Et voici que le film de Pascal Tessaud, Brooklyn, est remarqué par les programmateurs de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Il a gagné son ticket pour le Festival de Cannes.

Pascal Tessaud, 38 ans, est un parfait autodidacte, auteur de documentaires sur le slam. Sa nouvelle histoire nous immergera dans l’univers du rap de Saint-Denis. Le long-métrage est « un clash de style » entre le rap de son héroïne, la dénommée Brooklyn, authentique rappeuse suisse et les défenseurs d’un rap de rue, tel qu’il se déclame au sein de la cité des Rois. C’est aussi « une déclaration d’amour » à cette scène vibrionnante. Brooklyn a été tourné à Saint-Denis par des « lascars » du 9-3 sur des artistes de la scène hip-hop locale. Mais, souligne Pascal Tessaud, « c’est un film guérilla, un ovni cinématographique, 100 % hip-hop », avec un débit aussi accéléré qu’un « flow » de rap ».

Depuis ses missions auprès des associations de Saint-Denis, il est devenu cinéaste. Son documentaire Slam, ce qui nous brûle a été projeté dans plus de quarante pays. Il est devenu une référence pour la planète rap. Ses courts-métrages ont suivi la même ascension fulgurante. En 2012, La Ville Lumière a été couronné par le festival culte ColCoa, à Hollywood.

Fidèle à l’esprit guérilla, Pascal Tessaud a filmé sans autorisation et en six semaines. Son casting est un savant dosage entre un acteur professionnel Djalil Naciri (vu dans Munich), des copains bénévoles et des poids lourds du rap, comme Rafal Uchima ou Blade MC. L’écriture du scénario et la direction d’acteurs reflètent cette urgence. « Le tournage s’est déroulé en juillet 2012, pendant les ateliers d’improvisation du café culturel de Saint-Denis », détaille l’auteur. Là où il croisait Jacky Ido.

Nathalie Revenu, Le Parisien

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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