Quand les caméras regardent le monde

Publié le 8 juin 2012

Une belle sélection de l’Acid, fruit de la grande liberté de sélection du cinéma indépendant, manifeste une attention au réel social.

Envoyé spécial. Montrant des films qui peuvent avoir été ailleurs, l’Acid (Agence du cinéma indépendant pour sa diffusion) a la plus vaste liberté de sélection du Festival. Parmi nos coups de cœur, choisissons Sharqiya, d’Ami Livne, qui nous plonge dans la vie d’un village non autorisé dans le désert du sud d’Israël. Cette vie frugale dans des maisons de tôle est marquée par le passage des bulldozers de l’armée qui viennent tout foutre en l’air. Mais vite détruit veut dire aussi vite reconstruit. Nous avons aussi vu d’autres tranches d’humanité souffrante. Citons les drogués français de Stalingrad Lovers, de Fleur Albert, ou le superbement filmé Ab Irato, de Dominique Boccarossa, qui fait penser au jeune Bruno
Dumont. Encore davantage cette immersion dans un monde qui nous était totalement étranger, celui des transgenres pakistanais de Noor de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, dont on peut imaginer le calvaire. Comme il n’est pas difficile d’imaginer l’existence de cet ex-combattant tamoul cherchant à se réinsérer au village deux ans après la guerre qui divisa le pays au Sri Lanka ; c’est dans Ini Avan, d’Asoka Handagama. La difficulté de cohabiter était, en outre, au cœur dela Vierge, les Coptes et moi, de Namir Abdel Messeh. Heureusement, nous eûmes également notre quota de rayons de soleil. Nous ne pensons pas tant à The End, du Marocain Hicham Lasri, qui mélange le rose et le noir, qu’à la Tête la première, de la Belge Amélie Van Elmbt, dans lequel Alice de Lencquesaing va s’approcher amoureusement de David Murgia au cours d’un périple tonique qui devait la conduire dans les bras de Jacques Doillon, dont l’univers propre pourrait servir de référence à ce film. On a aussi vu un moment de pureté édénique nous entraînant au vert paradis des amours à l’âge de l’éveil des sens dans l’Été de Giacomo, le charmant film d’Alessandro Comodin.

Jean Roy - L’HUMANITÉ

Éditions précédentes

Retrouvez dans cette rubrique les films présentés dans le cadre de la programmation ACID à Cannes, depuis ses débuts en 1993.

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