Qui vive de Marianne Tardieu

Publié le 18 juin 2014

Pour arpenter un territoire abondamment quadrillé ces dernières années par le cinéma français, du Kechiche de L’Esquive au récent Bande de filles de Céline Sciamma (on s’en veut toujours de recourir à des appellations réductrices, en évoquant la France des « quartiers », des « cités » ou des « banlieues »), Qui vive n’en trace pas moins son propre sillon, entre vérisme précis et romanesque en sourdine.


Partant du postulat que le maillage social dudit territoire relève du pré-requis, le film ne s’embarrasse pas de séquences d’exposition, et emboîte fissa le pas à Cherif, trentenaire vivotant de son job d’agent de sécurité en attendant d’obtenir son diplôme d’infirmier. Marianne Tardieu n’ouvre ainsi des pistes sentimentale et policière que pour nourrir le portrait de son personnage (Reda Kateb, de tous les plans ou presque, et qui trouve ici son plus beau rôle). Malgré son arrière-fond nécessairement politique, le regard sans fard qu’il porte sur la société – mineurs en déshérence, petites frappes imposant leur loi, salariat précaire et en proie à l’humiliation de sa hiérarchie, anonymat glaçant des grandes surfaces –, et sans jamais rogner sur la noirceur de son récit, Qui vive ménage quelques puits de lumière : il y a là de l’espoir, de l’amour – à l’état de possible du moins, en la personne d’Adèle Exarchopoulos – et pour tout dire une bienveillance salutaire à l’égard de ses personnages, jamais honnis pour leurs erreurs, aussi tragiques soient-elles. Juste, modeste et sensible, Qui vive est une réussite.

Thomas Fouet, Fiches du Cinéma

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