Sale gosse

Un film de Claude Mouriéras

France - 1996 - 95 min - Couleur - 35mm

Sortie : 27 mars 1996

Sélections et prix :
Prix Euskal Média au Festival de San Sébastian 1995Prix d'interprétation Féminine Salonique 1995
Scénario : Claude Mouriéras
Image : Walter Vanden Ende
Son : Jean-Pierre Duret
Montage : Monique Dartonne
Musique : Nicola Piovani

Avec :
Ahmed Douache, Alberto Gimignani, Anouk Grinberg, Maaïke Jansen, Sotigui Kouyaté, Axel Lingée, Philippe Madala

Agé d'une dizaine d'années, Martin vit seul avec sa mère Nina dans la banlieue Lyonnaise. Leurs relations sont difficiles, jalonnées de conflits et réconciliations. Nina, de nature généreuse, cherche tant bien que mal à concilier sa vie amoureuse et l'éducation de son fils. Ce dernier rejette les amants de Nina et souffre de l'absence de son père qu'il invente guerrier Touareg, Prince du désert. Il s'échappe ainsi dans un monde de rêves, nourri d'histoires merveilleuses que lui raconte son ami africain Tewfik. A l'école, Martin est victime des agressions incessantes de ses camarades qui n'acceptent pas sa différence et ses rêves. Il manifeste une violence peu commune qui fragilise ses rapports avec Nina. Elle sait plus quelle aptitude adopter face à ce gamin aux réactions imprévisibles. Pour attirer l'attention de Nina, Martin s'enfuit régulièrement et traîne des heures durant, rêvant d'aller rejoindre son père dans le désert. Depuis tout petit, sa mère lui a raconté l'histoire de ce père idéalisé en lui promettant de le retrouver un jour. Martin ne vit que dans l'attente de cette rencontre. Un soir, au retour de l'une de ses escapades, il se dispute violemment avec Nina et lui reproche de « tout faire de travers ». Sa décision est prise : il partira seul rejoindre son père. Martin emprunte le bateau de Tewfik, mais sa fugue tourne court. Vexé est malheureux, il rentre chez lui en pleurant. Les vacances scolaires arrivent. Martin part en excursion avec sa classe mais il ne peut partager son chagrin et se sent de plus en plus exclu. Son agressivité l'amène à faire un geste inconsidéré : il pousse un des enfants dans un ravin et s'enfuit une nouvelle fois. Sa course le ramène chez lui où il rencontre sa mère qui s'apprête à partir en pique-nique avec son nouvel amant, Pippo. Heureuse et surprise de le voir si tôt, elle ne semble pas vraiment inquiète de ce retour imprévu et lui propose de se joindre à eux. Lors du pique-nique, Martin redouble de violence et agresse sa mère. Nina décide alors de lui révéler la vérité sur son père disparu sans laisser de traces. Martin devra à présent affronter la réalité et abandonner ses rêves destructeurs.


Texte de soutien de l'ACID :

Enfin on va vers d’autres lieux, d’autres milieux. Une petite cité, en province. Il y a un contexte social. Dans ce contexte social, il y a une famille. Dans cette famille, il y a une mère, et de cette mère, est né un fils. Ils vivent ensemble, tous les deux. Et c’est dur pour une très jeune femme d’élever seule son enfant. D’être une bonne mère, et de remplacer le père absent. Les scènes sont parfois violentes, mais toujours fines. On reste dans l’intimité de ce couple mère-fils. Il y a les amis de la mère, et les amis du fils, tous venant d’ailleurs, cosmopolites, et toujours une pensée pour un « loin d’ici ». Il y a cette mère qui, physiquement, se transforme en permanence, jouant des perruques et des toilettes, comme si une partie d’elle-même, restée elle aussi dans l’enfance, la rendait plus proche encore de son propre enfant. Il y a un père dont on parle mais que l’on ne voit pas. Un père que l’on s’imagine, que le petit attend et cherche. Et sa mère lui a promis qu’ils iraient le retrouver. Promesse, mensonges, rêves... Et l’amour, toujours là, plus fort que tout, malgré tout. La mère aime son fils, elle le respecte et c’est ça qui me plaît. Avec Sale gosse, Claude Mouriéras réussit un film sur un sujet délicat dont on ne parle pas souvent au cinéma.

Zaïda GHORAB-VOLTA, cinéaste

Les Films


Distribution

AMLF


Production

Les Films Alain Sarde





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