Spartacus et Cassandra, présenté à l’ACID (Cannes 2014)

Publié le 16 juin 2014

Deux enfants rroms sont recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa soeur de 13 et 10 ans, déchirés entre le nouveau destin qui s’offre à eux, et leurs parents vivant dans la rue.

« J’ai compris que pour vivre sans mes parents, il fallait que j’accepte que mes parents puissent vivre sans moi ». Ces paroles sont celles de Cassandra, une fillette aux yeux clairs dont la maturité bouleversante résume tout l’esprit du documentaire de Ioanis Nuguet. Derrière sa caméra Super 8, le jeune cinéaste capte le quotidien de ces deux enfants devenus « les parents de leurs parents ». Le père est à la dérive. La mère n’a plus toute sa tête. La famille est menacée d’expulsion du territoire français. L’avenir des enfants repose sur leurs frêles épaules. Ils doivent se décider : partir avec leurs parents dans un autre pays et poursuivre cette vie d’errance et d’incertitudes ou être placés en foyer d’accueil, loin de leur famille, mais avec la promesse de jours meilleurs.

Le film s’ouvre sur une scène de funambule : Spartacus y pose sa voix et nous livre sa vie en quelques mots. Une intimée partagée avec pudeur, criante de vérité. La caméra tourne, les images défilent, saisissantes, vertigineuses. Nous sommes dans un cirque. Celui que Camille a installé au milieu d’un campement de rroms afin que les enfants puissent y apprendre le jonglage, l’acrobatie… Très vite, le cirque a pris une autre dimension sociale : on y fait de l’aide aux devoirs, on accompagne les familles aux rendez-vous avec le juge, on aide à trouver des solutions… Camille a fait la connaissance de Spartacus et Cassandra dans la rue. Un lien rare s’est tissé peu à peu entre ces trois-là. Et c’est aussi de ces rencontres précieuses qui peuvent vous construire, de ces évidences capables d’influer sur le cours de nos vies dont nous parle Ioanis Nuguet dans son premier film qui résonne de façon universelle.

Présenté par l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) au Festival de Cannes, Spartacus et Cassandra est un documentaire bouleversant et généreux, qui met à mal les clichés concernant la communauté rrom et redonne un peu d’espoir à travers le regard de ces enfants qui ont grandi trop vite.

Laetitia Armenoult, Des films et des mots

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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