Spartacus et Cassandra veulent sortir de leur tragédie grecque

Publié le 16 juin 2014

Pour échapper à un destin peu reluisant, ces jeunes Rroms sont confiés à une trapéziste. Un film fascinant, traversé de moments de grâce.


Du haut de ses treize ans, Spartacus feint de se moquer de tout. A l’écoute de résultats scolaires catastrophiques, il se réfugie derrière un rire frondeur mais ne parvient pas à s’expliquer lorsqu’on lui laisse la possibilité de justifier ses manques. Sa petite sœur Cassandra apparaît plus posée. Devant l’incapacité de leurs parents à assumer leur rôle, c’est elle qui prend l’initiative. Faute d’un environnement sain, ces deux mômes rroms ont du mûrir plus vite que la moyenne.

Soutiens de famille pour remplir une marmite trop souvent vide, traducteurs de leurs parents non francophones, ils semblent avoir trouvé un semblant de stabilité depuis leur installation dans un cirque de la banlieue parisienne. Mais leur père alcoolique et violent menace cet équilibre fragile en poussant ses hôtes à s’exclure, alors que leur mère, trop occupée par son propre mal-être, caresse le rêve de retourner en Roumanie. La justice propose aux enfants d’échapper à leur emprise en les confiant à Camille, une trapéziste de vingt et un ans, tout en leur laissant la possibilité de voir leurs ascendants, réduits à mendier dans l’hypercentre parisien pour survivre.

Ce documentaire lumineux se confronte à la question du droit au bonheur. Il interroge directement la place accordée à la parole d’un enfant en détresse. Ioanis s’offre des travellings solaires en forme de communion avec une nature libératrice. Il utilise la voix-off comme une échappée onirique. Cette œuvre, traversée de fulgurances formelles, s’avère d’abord un beau film sur l’enfance et la complexité de l’émancipation, porté par Spartacus et Cassandra, gamins qui, en plus d’être attachants, figurent de splendides personnages de cinéma.

Michaël Mélinard, L’HUMANITE

Revues de presse

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